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vendredi 18 décembre 2015

écouter: Jacques Le Rider, La censure à l'œuvre. Freud, Kraus, Schnitzler


écouter: Jacques Le Rider, La censure à l'œuvre. Freud, Kraus, Schnitzler
La marche de l'histoire par Jean Lebrun, 19.10.2015
Jacques Le Rider
La censure à l'œuvre 
Freud, Kraus, Schnitzler 
Hermann
Des morales et des oeuvres
2015

Présentation de l'éditeur
Une société libéralisée peut-elle renoncer à toute censure ? Même dans les sociétés contemporaines, la liberté illimitée d’expression n’a jamais été instaurée et les opinions déviantes qui mettent en cause la norme du « politiquement correct » sont exposées à un retour en force de la censure. Le cas viennois prouve cependant que, pour la défense des valeurs d’une culture, la censure n’est pas une arme efficace : bien que la liberté de la presse soit un acquis des gouvernements libéraux des années 1860, la censure y était toujours à l’œuvre ; Freud lui donnait même le beau rôle d’instance régulatrice du processus de civilisation. Karl Kraus, le plus féroce des critiques du journalisme, démontait les nouveaux mécanismes de censure informelle et invisible par lesquels la presse informait ses lecteurs, c’est-à-dire soumettait leur perception de la réalité à un formatage quotidien. Ainsi, la modernité viennoise anticipait les théories de la censure structurale de Foucault et Bourdieu. Cela n'empêcha pas la censure impériale de rompre, en 1912, avec sa propre ligne "anti-antisémite" en interdisant la représentation du chef d'œuvre d'Arthur Schnitzler, Le Professeur Bernhardi, courageuse dénonciation de l'antisémitisme. Autant dire que la censure s'avère en définitive toujours inefficace et dangereuse, et qu'elle ne pourra jamais servir comme support d'une politique de civilisation.
Ancien élève de l'École normale supérieure (ENS Paris), Jacques Le Rider est directeur d'études à l'École pratique des hautes études à la chaire « L'Europe et le monde germanique (époque moderne et contemporaine) ».

jeudi 25 décembre 2014

écouter: Antoine Lilti, Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)


écouter: Antoine Lilti, Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)
La Fabrique de l'Histoire par Emmanuel Laurentin, 08.09.2014

Antoine Lilti
Figures publiques
L'invention de la célébrité (1750-1850)
Fayard
2014

Présentation de l'éditeur
Bien avant le cinéma, la presse à scandale et la télévision, les mécanismes de la célébrité se sont développés dans l’Europe des Lumières, puis épanouis à l’époque romantique sur les deux rives de l’Atlantique. Des écrivains comme Voltaire, des comédiens comme Garrick, des musiciens comme Liszt furent de véritables célébrités, suscitant la curiosité et l’attachement passionné de leurs « fans ». À Paris comme à Londres, puis à Berlin et New York, l’essor de la presse, les nouvelles techniques publicitaires et la commercialisation des loisirs entraînèrent une profonde transformation de la visibilité des personnes célèbres. On pouvait désormais acheter le portrait de chanteurs d’opéra et la biographie de courtisanes, dont les vies privées devenaient un spectacle public. La politique ne resta pas à l’écart de ce bouleversement culturel : Marie-Antoinette comme George Washington ou Napoléon furent les témoins d’un monde politique transformé par les nouvelles exigences de la célébrité. Lorsque le peuple surgit sur la scène révolutionnaire, il ne suffit plus d’être légitime, il importe désormais d’être populaire.
À travers cette histoire de la célébrité, Antoine Lilti retrace les profondes mutations de la société des Lumières et révèle les ambivalences de l’espace public. La trajectoire de Jean-Jacques Rousseau en témoigne de façon exemplaire. Écrivain célèbre et adulé, celui-ci finit pourtant par maudire les effets de sa « funeste célébrité », miné par le sentiment d’être devenu une figure publique que chacun pouvait façonner à sa guise. À la fois désirée et dénoncée, la célébrité apparaît comme la forme moderne du prestige personnel, adaptée aux sociétés démocratiques et médiatiques, comme la gloire était celle des sociétés aristocratiques. C’est pourtant une grandeur toujours contestée, dont l’histoire éclaire les contradictions de notre modernité.
Antoine Lilti est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Ses travaux portent sur l’histoire sociale et culturelle des Lumières. Il a notamment publié Le Monde des salons. Sociabilité et mondanité à Paris au xviiie siècle (Fayard, 2005).


lundi 15 septembre 2014

Robert Darnton, De la censure. Essai d'histoire comparée


Robert Darnton
De la censure
Essai d'histoire comparée 
Gallimard
2014

Présentation de l'éditeur
Qu'est-ce que la censure? L'historien croit disposer d'un concept unitaire mais plonge-t-il dans les archives qu'il est alors saisi par la diversité des expériences qu'en firent ceux qui la subirent – en l'occurrence, dans la France des Bourbons, dans l'Inde coloniale et dans la République démocratique allemande.
Peut-on cependant dégager des trais communs à ces trois situations?
La première dimension est la répression : Mlle Bonafon, treize ans d'internement dans un couvent pour avoir écrit un conte de fées politique (Tanastès) ; Mukunda Lal Das, trois ans d'«emprisonnement rigoureux» pour avoir entonné la très suggestive «Chanson du rat blanc» ; Walter Janka, cinq ans d'isolement carcéral pour avoir publié Lukács, un auteur tombé en disgrâce.
La seconde dimension comparative est l'herméneutique : la censure est une lutte sur le sens. Elle implique le décodage de références dans un roman à clé ou des querelles sur la grammaire sanskrite, elle suppose toujours des débats interprétatifs qui conduisent peu ou prou à une collaboration entre censeurs et auteurs. Les deux parties comprennent la nature du donnant-donnant : la coopération, la complicité et la négociation caractérisent la façon dont les auteurs et les censeurs opèrent, au moins dans les trois systèmes étudiés ici. Plus qu'un simple affrontement entre création et oppression, la censure, en particulier aux yeux du censeur, apparaît coextensive à la littérature, au point de s'en croire la source.
L'écrivain Norman Manea, quand il reconsidérait les coupes qu'il avait acceptées afin que son roman L'enveloppe noire parût dans la Roumanie de Ceauşescu, ne regrettait pas tant l'amputation des passages critiques que le processus de compromis et de complicité qui lui faisait conclure au «succès à plus long terme de la Censure, là où il n'était pas visible...». 
Ancien professeur à l'Université Princeton, Robert Darnton est à l'heure actuelle le président des Bibliothèques de l'Université Harvard. On lui doit des travaux majeurs sur l'histoire du livre, de la lecture et de la Bohême littéraire au siècle des Lumières. Il est notamment l'auteur, aux Editions Gallimard, de Edition et sédition. L'univers de la littérature clandestine au XVIIIe siècle ; Le Diable dans un bénitier.
L'art de la calomnie en France 1650-1800 ; Apologie du livre. Demain, aujourd'hui, hier. Robert Darnton sera l'invité d'honneur, chargé de la conférence inaugurale, aux rendez-vous de l'Histoire à BLois, en octobre 2014.  

mardi 25 juin 2013

Nicolas Kaciaf, Les pages « Politique ». Histoire du journalisme politique dans la presse française (1945-2006)

Nicolas Kaciaf
Les pages « Politique »
Histoire du journalisme politique dans la presse française (1945-2006)
P.U.Rennes
2013

Présentation de l'éditeur
Les pages « Politique » La couverture de l'actualité politique a connu d'intenses métamorphoses dans la presse écrite française depuis 1945. Tandis que les pages Politiques des journaux de la Quatrième République s'affairaient avant tout à reproduire et commenter les travaux parlementaires et notamment les débats en séance, les services Politique se sont progressivement efforcés de mettre en scène les « coulisses » des partis et des institutions, de décrypter les stratégies individuelles et les « coups » médiatiques des acteurs, de mesurer leurs performances en prenant appui sur l'évolution de l'« opinion publique ». En rendant visibles d'autres facettes de l'activité politique, en mobilisant des genres et des rhétoriques inédites, les journalistes politiques vont ainsi redéfinir leurs positions vis-à-vis des luttes politiques et leurs rôles à l'égard de leurs publics. Ce livre vise à restituer l'histoire de ces transformations dans le contenu des pages Politique d'une dizaine de quotidiens et de l'hebdomadaires nationaux. Mais Il cherche surtout à comprendre ces changements qui émergent au tournant des années 1960 et 1970. S'appuyant sur une vaste enquête auprès des protagonistes de cette histoire, il met à l'épreuve trois scénarios explicatifs qui interrogent les incidences respectives de l'évolution des règles du jeu politique, des reconfigurations économiques de l'espace médiatique et du renouvellement générationnel des services Politique. 
Nicolas Kaciaf est maître de conférences en science politique à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, chercheur au VIP (Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines institutions publiques) et chercheur associé au CERAPS (Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales).

jeudi 30 août 2012

Dominique Pinsolle, Le Matin. Une presse d’argent et de chantage (1884-1944)

Dominique Pinsolle
Le Matin
Une presse d’argent et de chantage (1884-1944)
Préface de Christian Delporte
P.U.Rennes
2012

Téléchargement :
4e de couverture (Fichier pdf, 29 Ko)



Dominique Pinsolle est agrégé et docteur en histoire. Il enseigne à l’université Bordeaux 3 et poursuit ses recherches sur les rapports entre médias, argent et politique dans le cadre du Centre d’études des mondes moderne et contemporain (CEMMC).

mercredi 18 avril 2012

en ligne: Articles d'Alain Garrigou sur son blog du Monde Diplomatique



en ligne: Articles d'Alain Garrigou sur son blog Régime d’opinion
Le Monde Diplomatique

Présentation de son blog