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samedi 9 février 2013

Critique des sondages (actes du colloque), Sous la direction de Alain Garrigou

Critique des sondages (actes du colloque)

Sous la direction de Alain Garrigou 

Ce livre reprend les communications du colloque « Critique des sondages » du 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale. Celui-ci a été organisé par Le Monde Diplomatique et l’Observatoire des sondages. Il a reçu l’aide des Amis du Monde diplomatique, de Virginie D’Eau et de Richard Brousse.
- Pour télécharger l’intégralité de l’ouvrage - 10€ - cliquer sur le bouton acheter ci-dessous.
- Vous pouvez également télécharger une partie seulement de l’ouvrage - 2€ l’article - en cliquant sur les liens hypertextes placés sous chaque extrait.
NB : Une fois votre paiement effectué faire un clic droit sur le lien retour à l’Observatoire pour télécharger le document choisi (format PDF).

- Introduction – A quoi sert la critique ? (Alain Garrigou) - page 5 à 11. (article intégral en accès libre)

- Chapitre 1 – Les sciences sociales et la critique des sondages aux États-Unis (Howard S. Becker) - page 13 à 22.
Extrait  :....Une première attaque en règle, mordante et profonde des études et enquête d’opinion aux Etats-Unis est venue de l’un des grands critiques de la sociologie : Herbert Blumer. En décembre 1947, American Sociological Association tint son congrès annuel dans la ville de New York. Blumber y donna une communication intitulée : « Public Opinion and Public Opinion Polling ». Imaginons la scène. Blumer, une grande et imposante silhouette, ancien joueur professionnel de football américain, ancien étudiant brillant de Robert E. Park et George Herbert Mead, souvent considéré comme l’un des fondateurs de l’école de sociologie de Chicago, et s’exprimant dans un style oratoire impressionnant. Il était alors, et a été pendant de nombreuses années professeur de sociologie à l’Université de Chicago....(Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 2 – « Faire l’Opinion » 20 ans après (Patrick Champagne) - page 23 à 29.
Extrait : ...Mais cette méfiance affichée à l’égard des sondeurs – « leurs enquêtes sont biaisées », « ils polluent le débat démocratique », « ils manipulent les électeurs », etc. – masquait des usages alors plus cachés des sondages qui commençaient à se diffuser dans les états-majors de nombre de partis, les sondeurs devenant progressivement des conseillers discrets des responsables politiques, contribuant, sondages à l’appui, à élaborer ou à faire infléchir des programmes électoraux et à introduire la logique du marketing commercial dans l’élaboration des campagnes électorales.... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 3 – Sondages à l’italienne (Jérémy Mercier) - page 30 à 35.
Extrait : ...L’Italie n’est pas la « mère patrie » des sondages mais elle peut, tout comme la France, être particulièrement considérée, en miroir inversé, comme une forme de République des sondages ou une République « sondomane ». Le rythme effréné avec lequel les entreprises de sondages transalpines produisent leurs chiffres entraîne une redéfinition de la vie publique et une modification des règles du jeu démocratique.(...) En Italie, il faut croire que les manipulations sont plus grossières encore, mais plus divertissantes aussi, surtout quand Silvio Berlusconi lui-même intervient par surprise lors d’émissions de télévision auxquelles il n’a pas été convié pour « corriger » les errances dans les sondages ou opinions le concernant. (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 4 – Les usages gouvernementaux des sondages d’opinion (Nicolas Kaciaf) - page 36 - 46.
Extrait  : ...L’accès aux ressources sondagières constitue un véritable enjeu de pouvoir au sein des instances gouvernementales. Mais, contrairement aux apparences, cet enjeu ne tient ni à l’avantage stratégique, ni aux opportunités d’action qu’offrirait la détention des données d’enquête dans la compétition politique. Malgré les coûts engagés, les études demeurent souvent superficielles, ambigües et, surtout, réduites à quelques informations synthétiques et peu significatives. L’équivocité des résultats confèrent aux sondages des vertus « magiques ». Comme n’importe quel secret, les données sondagières érigent leurs possesseurs en initiés. Elles ne sont jugées importantes et elles n’octroient de l’importance à ceux qui y accèdent qu’en raison des efforts accomplis pour en conserver l’exclusivité...(Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 5 – Quand « les sondages » nous parlent…La médiatisation d’un instrument du jeu politique (Nicolas Hubé) - page 47 à 56.
Extrait  : ...Cet article repose, d’une part, sur une analyse de quatre quotidiens nationaux (Le Figaro, L’Humanité, Libération, Le Parisien) et du journal de 19h sur France Inter au second semestre 2010 ; d’autre part, il repose sur une analyse du Monde du 1er juillet 2011 au 30 octobre 2011.(...) Il existe bien une tendance générale à un recours massif « aux sondages » dans les pages politiques. Plus d’un sondage tous les deux jours est ainsi évoqué, en 2010, sur France Inter (104), à L’Humanité (102 pour 186 éditions), à Libération (68) ; un tous les trois jours au Figaro (40) et au Parisien (55). Au Monde au second semestre 2011, si l’on fait abstraction des 24 sondages ne traitant pas de politique nationale, on dénombre plus de trois sondages traités tous les quatre jours (82 pour 105 éditions)..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 6 – Sur un battement d’ailes de papillon. Modes de conception et de circulation de deux enquêtes hors contexte (Patrick Lehingue) - page 57 à 70.
Extrait  : ...De manière purement métaphorique, le battement d’aile d’un papillon au Brésil désignera ici le petit coup de force symbolique réalisé dans le micro univers des entreprises de sondages par les responsables d’une P.M.E. émergente, Harris Interactive, au printemps 2011. Comme on s’en souvient peut être, l’initiative - techniquement audacieuse mais médiatiquement très payante - fut prise de réaliser et surtout de faire publier coup sur coup dans le Parisien Aujourd’hui (éditions des dimanche 6 et mardi 8 mars 2011) deux sondages préélectoraux plaçant, pour la première fois dans l’histoire française des sondages, la candidate du FN, Marine Le Pen, en première position des intentions de vote, ce quelque soit la configuration – alors très ouverte - des candidatures socialistes : Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, pour le premier sondage (sur-titré en une du Parisien, « Marine Le Pen, en tête »), D. Strauss Kahn et F. Hollande, pour la seconde enquête (toujours en première page du Parisien, « Sarkozy, Strauss Kahn, Hollande, tous battus »)..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 7 – Renforcements circulaires et routines méthodologiques. Les présupposés d’interprétations et les résultats des enquêtes d’opinion (Daniel Gaxie) - page 71 à 83.
Extrait : ...Nous avons mené pendant plusieurs années une enquête par entretiens approfondis, avec des questions ouvertes, auprès de citoyens de divers milieux sociaux en Allemagne, France, Italie et Pologne afin de connaître leurs opinions et attitudes à l’égard de l’intégration européenne. En France, nous avons également mené des analyses de conversations (focus groups) auprès de personnes appartenant à des milieux diversifiés. Les opinions et attitudes des citoyens sur les questions européennes sont également l’objet d’enquêtes d’opinion standard à partir de questions fermées administrées à des échantillons des populations des États membres de l’Union Européenne. Certaines de ces enquêtes, les Eurobaromètres, sont conduites deux fois par an depuis 1973. Elles sont commandées, contrôlées et publiées par la Commission Européenne. (...) Il suffit en effet de faire et de laisser parler, avec leurs propres mots, des citoyens de diverses catégories pour apercevoir l’abîme qui sépare, pour la plupart d’entre eux, le rapport réel à la construction européenne de l’image enchantée qu’en donnent les enquêtes d’opinion standard.... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 8 - Peut-on croire à la qualité des enquêtes par téléphone ? (Rémy Caveng) - page 84 à 90.
Extrait  : ....L’organisation du travail dans les centres d’appel, que d’aucuns désignent comme des « usines modernes » où s’élabore une sorte de taylorisation du travail relationnel et une rationalisation de l’activité langagière, ainsi que la course à la productivité ne créent pas les conditions d’un recueil d’information de qualité. Outre un environnement extrêmement bruyant qui ne favorise guère la concentration, les enquêteurs sont soumis à des exigences élevées en termes de cadence. S’ils veulent se maintenir dans le secteur et vivre de cette activité, le respect de ces dernières est impératif tant il conditionne leurs chances de se voir confier de nouvelles missions lorsqu’ils sont employés sous le statut de vacataire (cas le plus courant) ou d’obtenir des heures complémentaires lorsqu’ils sont employés en CDI à temps partiel (très rare). Et ce, qu’ils soient payés à l’heure ou au questionnaire, ce dernier mode de rémunération impliquant en lui-même une course individuelle à la productivité puisqu’aucune rémunération n’est garantie..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 9 - Une hostilité ordinaire aux sondages (Alain Garrigou) - page 91 à 99.
Premières lignes : On pourrait croire que, à part quelques sociologues jaloux, les sondages entraînent une adhésion générale : celle des producteurs qui croient à ce qu’ils font, des commentateurs qui citent des chiffres comme des données évidentes et significatives et celle du public dont les médias se prévalent pour justifier leur publication. Comment le public serait-il donc hostile alors que, depuis les origines, les sondeurs soutiennent que les sondages sont démocratiques et ne se privent pas toujours de juger que leurs critiques sont antidémocrates ? Or, insondable paradoxe, il semble bien que les sondages ne soient pas populaires ou encore que les citoyens leurs soient assez largement hostiles, au moins sceptiques..... (Télécharger l’article - 2 €)

(Source: Observatoire des sondages)

jeudi 13 décembre 2012

Dvd: Hollande, Dsk, Etc... Une enquête de Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal

Hollande, Dsk, Etc...


Hollande, Dsk, Etc...
Une enquête de Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal
Avec la participation de Alain Accardo, Gilles Balbastre, Laurent Bonelli, Alain Garrigou, François Ruffin
Arapede Productions
2012

Au printemps 2012, en pleine campagne des élections présidentielles, une équipe de choc s’invite chez les notables de la presse parisienne pour les interroger sur le traitement de faveur dont ils gratifient François Hollande depuis les premiers jours de sa candidature. En plébiscitant le prétendant socialiste au détriment des autres candidats, les responsables de l’information ne sont-ils pas en train de préempter l’issue du jeu électoral ?
Hollande saura-t-il les consoler de l’effondrement de leur ancien favori, Dominique Strauss-Kahn ? Confrontés aux preuves de leur parti pris, directeurs de journaux, éditorialistes chevronnés et petits soldats du journalisme politique se cabrent, se défaussent, se récrient, s’énervent – et parfois se dévoilent…
BONUS : JUPPÉ, FORCÉMENT…
Comment s’exerce la démocratie quand un ministre en fonction,
secrétaire général d’un parti politique de première importance,
brigue la mairie d’une grande ville de province ? Comment les médias locaux traitent-ils l’illustre parachuté ? Que devient le beau principe de l’égalité de traitement entre les candidats ? Juppé, forcément… décortique une campagne électorale à travers le regard des journalistes et montre à quel point la politique, comme le reste, fonctionne à deux vitesses.
Pierre Carles, 1995, 31 mn
 commander

mercredi 18 avril 2012

en ligne: Articles d'Alain Garrigou sur son blog du Monde Diplomatique



en ligne: Articles d'Alain Garrigou sur son blog Régime d’opinion
Le Monde Diplomatique

Présentation de son blog

lundi 2 avril 2012

site du film de Pierre Carles, DSK, HOLLANDE, ETC.


Le film DSK, HOLLANDE, ETC. est en ligne sur le site de Pierre Carles depuis le 19 avril 2012

Synopsis

Les rapports médias-politique passés au crible avant l’élection présidentielle de 2012. Ou comment la presse présélectionne les candidats compatibles avec les intérêts du pouvoir économique. Après avoir fait le forcing pour la candidature de Dominique Strauss-Kahn en 2010, c’est sur François Hollande que se sont reportées les voix des « grands » médias à partir de l’affaire du Sofitel de New York. Particularité des deux hommes : ils ont tous les deux fait Sciences-Po et l’école de commerce HEC.
En n’imaginant pas d’autre second tour possible qu’un duel Hollande-Sarkozy et en présentant cet affrontement comme un un combat gauche-droite alors qu’il s’agit plus vraisemblablement d’un affrontement centre droit-droite dure, les médias dominants cherchent-ils à éviter la présence d’un vrai candidat de gauche au second tour de l’élection présidentielle ?


Les projections-débats

sur le site de Pierre Carles on peut lire un entretien avec Pierre Carles, visionner Juppé, forcément... (+ des bonus de « DSK, Hollande, etc. » comme Demorand à Grenoble) et soutenir le film en faisant un don

mardi 24 janvier 2012

video: Alain Garrigou, Sondages et manipulations : sonder pour gouverner ?


Conférence UTOPIA : Sondages et manipulations : sonder pour gouverner ?

Mardi 13 décembre 2011 à la Maison des Sciences Economiques

Alain Garrigou
Professeur en Sciences politiques, Université Paris 10

Jean-Pierre Sueur
Sénateur du Loiret, Président de la Commission des lois du Sénat, Parti socialiste

mardi 25 octobre 2011

Critique des sondages. Colloque Le Monde diplomatique – Observatoire des sondage, 5 novembre 2011

Samedi 5 novembre 2011 de 9 à 17 heures

Assemblée nationale
126, rue de l'Université - Paris 7e
Il existe un courant critique des sondages qui, depuis longtemps, avec Herbert Blumer en 1948 (« Public opinion and public opinion polling »), Pierre Bourdieu en 1972 (« L’opinion publique n’existe pas »), apporte une contribution substantielle à la compréhension de sondages au-delà des clichés intéressés sur leur caractère naturellement démocratique et scientifique. Au moment où le rôle des sondages avec leur prolifération, leur place croissante dans la politique et leur dégradation qualitative les met sur la sellette, il est important de faire un bilan de cette critique. L’actualité politique aussi y contribue alors qu’une campagne électorale présidentielle a commencé et qu’une proposition de loi parlementaire est discutée.
Or, la critique scientifique monte à l’égard d’une économie des sondages de moins en moins liée à la science et à la démocratie. On saurait d’autant moins négliger cette critique qu’elle perdure, s’approfondit et s’assure de la pérennité par la relève générationnelle. Pourtant, ses penseurs sont généralement contraints de « débattre » avec des sondeurs pour paraître dans les médias, leur servir de caution et être choisis. Demande-t-on à des spécialistes des classes moyennes de n’apparaître qu’en compagnie de petits commerçants et autres membres des classes moyennes ? Il est temps que les débats scientifiques reprennent leur autonomie tout en ayant accès aux lieux de débats publics sans conditions préalables.
Dans ces circonstances, l’organisation d’une journée de colloque autour de spécialistes de l’opinion, des sondages et des médias peut être un moment important de réflexion. Le colloque se déroulera le 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale, une manière de marquer l’utilité de la critique. Organisée dans les grandes villes universitaires de France à l’initiative des Amis du Monde diplomatique, une série de conférences-débat suivra le colloque.
Alain Garrigou (9 juin 2011)


mercredi 14 septembre 2011

audio/video: Alain Garrigou et Richard Brousse, Manuel anti-sondages. La démocratie n'est pas à vendre !

écouter: Alain Garrigou et Richard Brousse, Manuel anti-sondages. La démocratie n'est pas à vendre !
Les Retours du dimanche par Agnès Chauveau, Nicolas Truong, 18.03.2012




Alain Garrigou
Richard Brousse
Manuel anti-sondages
La démocratie n'est pas à vendre !
éditions la ville brûle
2011


Présentation de l'éditeur
Les sondeurs - et d'autres avec eux : médias, hommes politiques... - ont réussi à faire de l'étude de l'opinion publique un instrument antidémocratique. Comment se défendre de l'emprise croissante de ce type d'information chiffrée, qui le plus souvent ne vaut pas grand-chose mais participe à la mise en condition des citoyens et donc à la perversion de la démocratie ? Alors que l'élection présidentielle de 2012 approche, et que les sondages se multiplient, leur critique est plus nécessaire que jamais, et doit porter aussi bien sur les techniques des sondages que sur leurs usages commerciaux, politiques et médiatiques. Ce manuel anti-sondages est un instrument critique qui procède avec simplicité, en s'attachant aux problèmes élémentaires. Il propose une analyse, un glossaire, des exemples... autant d'arguments indispensables pour réfuter les poncifs des opiniomanes, sondeurs et commentateurs politiques qui ne savent plus penser qu'à coups de sondes.
Les auteurs Alain Garrigou, professeur en sciences politiques à l'université Paris X-Nanterre, est un spécialiste reconnu du vote et des sondages. Il a créé l'Observatoire des sondages. Richard Brousse est sociologue. Il est le webmestre de l'Observatoire des sondages.

mardi 13 septembre 2011

Patrick Lehingue, Rémy Caveng et Alain Garrigou, Sondages. Souriez, vous êtes manipulés


Patrick Lehingue
Rémy Caveng
Alain Garrigou
Sondages. 
Souriez, vous êtes manipulés 
Préface de François Delapierre 
éditions Bruno Leprince 2011 Présentation de l'éditeur On a trop tendance à réduire l’actuelle manie sondagière à un culte naïf de l’opinion ou à une futile bataille de chiffres. Mais les sondages, on le verra en lisant les entretiens qui composent ce livre, sont bien plus que cela. Un sondage, c’est par exemple, comme nous l’explique Patrick Lehingue, un produit scientifique de plus en plus frelaté, dont l’élaboration ignore généralement les principes et les enseignements élémentaires de la recherche. C’est aussi, comme le montre Rémy Caveng, un produit commercial, fruit d’une concurrence féroce et d’un dumping social éhonté. C’est enfin, comme le souligne Alain Garrigou, l’objet de prédilection (à la fois marchandise, arme et totem) d’une clique politico-médiatique, qui ne cesse de vicier la vie démocratique. Au fil de la lecture, on croisera donc, sans jamais s’éloigner des sondages, quelques problèmes essentiels de notre temps?: le règne de la fausse science et des faux experts?; la généralisation du précariat néolibéral?; la domination sans partage de l’oligarchie…

mardi 14 décembre 2010

mercredi 6 janvier 2010

Ressource: Observatoire des sondages


Observatoire des sondages



Pourquoi ?

Les sondages sont censés exprimer l’opinion publique. Quand celle-ci est sinon souveraine du moins obsessionnellement invoquée, il faut bien s’interroger sur la nécessité d’un contrôle. La croyance optimiste en un progrès indéfini est paresseuse. Elle est pourtant à l’œuvre dans la célébration d’une sorte de démocratie immédiate voire directe qui s’exercerait grâce aux sondages. S’il est quelques raisons de ne pas exclure par principe des progrès techniques, il en est d’autres qui mettent sérieusement en doute une augmentation de leur fiabilité. Leur place croissante dans les luttes politiques favorise par ailleurs des usages manipulatoires contre lesquels il serait très optimiste d’imaginer que la clairvoyance du public est un solide antidote.

La question du contrôle des sondages a d’abord été posée comme un risque policier qui a amené les pionniers à récuser toute idée de contrôle officiel. Dans leur répugnance, le souci d’indépendance se mêlait à un intérêt économique bien compris. Quand des instances de contrôle légal ont été instituées comme en France avec la Commission des sondages, leur rôle a été soigneusement limité et de toute façon contesté dès qu’il s’exerçait réellement.

La confiance dans les mécanismes d’autocontrôle par le marché dont les sondeurs se réclament toujours est-elle suffisante ?

Le débat dépasse largement les seuls sondages. Il faut un mélange paradoxal et banal de naïveté et d’intéressement pour soutenir que les sondeurs sont contraints – sans parler même des trucages – à bien faire leur travail pour ne pas perdre la confiance de leurs clients. Comme en d’autres domaines, la croissance du secteur d’activités est un facteur de baisse de la qualité.

Par ailleurs, au-delà du contrôle strictement technique, l’autocontrôle et le contrôle réciproque n’examinent guère les usages des sondages.

L’invocation d’une sorte de sagesse ordinaire ou de compétence spontanée des citoyens est commode mais démentie à la fois par l’ignorance commune sur la technique et la propension très compréhensible à apprécier la valeur des sondages au regard de ses désirs : mauvais s’ils contrarient, bons s’ils satisfont. Le piège le plus efficace des sondages est bien de les prendre au sérieux en fonction de leur utilité tactique ou psychologique et non de leur fiabilité.

Un contrôle scientifique irrégulier a parfois alimenté la polémique. Il est cependant trop peu soutenu pour limiter les dérives productivistes et manipulatoires des sondages. Les scientifiques ont le devoir d’exercer une vigilance épistémologique et critique à la fois sur les sondages et sur leurs usages. Ils sont aussi concernés parce que les sondeurs invoquent une autorité scientifique qui met en jeu leur propre crédit. Ils ne sont ni les praticiens ni les bénéficiaires de cette activité économique et politique mais ils en subissent aussi les effets.

L’Observatoire des sondages exerce une veille scientifique sur les différentes facettes des sondages, non seulement les aspects méthodologiques des enquêtes et des statistiques mais aussi sur leur publication, leurs usages confidentiels et les commentaires politologiques ou journalistiques qui en sont faits quotidiennement.



Qui sommes nous ?

Rédaction : Alain Garrigou, Richard Brousse.

Comité scientifique de l’Observatoire des sondages

* Patrick Champagne, Chargé de recherches au Centre de sociologie européenne (CNRS/EHESS).

* Alain Garrigou, professeur de science politique, Université de Paris Ouest-Nanterre.

* Daniel Gaxie, professeur de science politique, Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).

* Bernard Lacroix, professeur de science politique, Université de Paris Ouest-Nanterre.

* Patrick Lehingue, professeur de science politique, Université de Picardie Jules Verne.

Webmestre : Richard Brousse
http://observatoire-des-sondages.org