C-P Productions et Annie Gonzalez présentent : un court-métrage de Pierre Carles avec la collaboration de Nina Faure et Brice Gravelle
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jeudi 3 avril 2014
video: Pierre Carles, « Réponses diplomatiques » (Peut-on demander à des responsables de l’information qui n’apprécient pas un journal de gauche d’en faire la promotion ?)
C-P Productions et Annie Gonzalez présentent : un court-métrage de Pierre Carles avec la collaboration de Nina Faure et Brice Gravelle
jeudi 26 décembre 2013
mercredi 12 juin 2013
vendredi 11 janvier 2013
jeudi 13 décembre 2012
Dvd: Hollande, Dsk, Etc... Une enquête de Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal
Hollande, Dsk, Etc...
Une enquête de Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal
Avec la participation de Alain Accardo, Gilles Balbastre, Laurent Bonelli, Alain Garrigou, François Ruffin Arapede Productions 2012 Au printemps 2012, en pleine campagne des élections présidentielles, une équipe de choc s’invite chez les notables de la presse parisienne pour les interroger sur le traitement de faveur dont ils gratifient François Hollande depuis les premiers jours de sa candidature. En plébiscitant le prétendant socialiste au détriment des autres candidats, les responsables de l’information ne sont-ils pas en train de préempter l’issue du jeu électoral ? Hollande saura-t-il les consoler de l’effondrement de leur ancien favori, Dominique Strauss-Kahn ? Confrontés aux preuves de leur parti pris, directeurs de journaux, éditorialistes chevronnés et petits soldats du journalisme politique se cabrent, se défaussent, se récrient, s’énervent – et parfois se dévoilent… BONUS : JUPPÉ, FORCÉMENT… Comment s’exerce la démocratie quand un ministre en fonction, secrétaire général d’un parti politique de première importance, brigue la mairie d’une grande ville de province ? Comment les médias locaux traitent-ils l’illustre parachuté ? Que devient le beau principe de l’égalité de traitement entre les candidats ? Juppé, forcément… décortique une campagne électorale à travers le regard des journalistes et montre à quel point la politique, comme le reste, fonctionne à deux vitesses. Pierre Carles, 1995, 31 mn commander |
mardi 16 octobre 2012
en ligne: version finale du film de Pierre Carles, Hollande, DSK, etc
Alexandre Borrut et PLPL présentent
video: Hollande, DSK, etc.
réalisation : Julien Brygo, Pierre Carles,
Nina Faure, Aurore Van Opstal
Montage : Matthieu Parmentier, assisté de Pascal Blondela, Vincent Hanotaux et Annabelle Basurko
"Hollande, DSK, etc." est une enquête sur les médias en
campagne électorale tournée lors de la dernière élection présidentielle.
« Hollande, DSK, etc. » sera disponible en DVD, fin octobre 2012
« Hollande, DSK, etc. » sera disponible en DVD, fin octobre 2012
lundi 15 octobre 2012
video: Interview de Pierre Carles, "DSK, Hollande, etc "
Interview filmé au cinéma utopia avant la projection de "DSK, Hollande, etc " réalisé par Pierre Carles, Julien Brygo et Aurore Van Opstal
lundi 2 avril 2012
site du film de Pierre Carles, DSK, HOLLANDE, ETC.
Le film DSK, HOLLANDE, ETC. est en ligne sur le site de Pierre Carles depuis le 19 avril 2012
Synopsis
Les rapports médias-politique passés au crible avant l’élection
présidentielle de 2012. Ou comment la presse présélectionne les
candidats compatibles avec les intérêts du pouvoir économique. Après
avoir fait le forcing pour la candidature de Dominique Strauss-Kahn en
2010, c’est sur François Hollande que se sont reportées les voix des
« grands » médias à partir de l’affaire du Sofitel de New York.
Particularité des deux hommes : ils ont tous les deux fait Sciences-Po
et l’école de commerce HEC.
En n’imaginant pas d’autre second tour possible qu’un duel
Hollande-Sarkozy et en présentant cet affrontement comme un un combat
gauche-droite alors qu’il s’agit plus vraisemblablement d’un
affrontement centre droit-droite dure, les médias dominants
cherchent-ils à éviter la présence d’un vrai candidat de gauche au
second tour de l’élection présidentielle ?
Les projections-débats
sur le site de Pierre Carles on peut lire un entretien avec Pierre Carles, visionner Juppé, forcément... (+ des bonus de « DSK, Hollande, etc. » comme Demorand à Grenoble) et soutenir le film en faisant un don
vendredi 11 novembre 2011
le prochain projet de Pierre Carles, "Juppé, le retour" s'appelle désormais "Juppé, DSK, Hollande, etc."
prochain film de Pierre Carles:
"Juppé, le retour" s'appelle désormais "Juppé, DSK, Hollande, etc.". Ce film qui raconte la présélection de certains candidats par les grands médias devrait voir le jour en mars 2012, avant l'élection présidentielle. C'est le projet le plus avancé, celui sur lequel Carles travaille actuellement.
(une enquête dans la lignée de Juppé, forcément… où il sera question de la présélection d’un candidat à l’élection présidentielle par les principaux médias)
-l'ancienne version
Juppé, forcément....
"Juppé, le retour" s'appelle désormais "Juppé, DSK, Hollande, etc.". Ce film qui raconte la présélection de certains candidats par les grands médias devrait voir le jour en mars 2012, avant l'élection présidentielle. C'est le projet le plus avancé, celui sur lequel Carles travaille actuellement.
(une enquête dans la lignée de Juppé, forcément… où il sera question de la présélection d’un candidat à l’élection présidentielle par les principaux médias)
-l'ancienne version
dimanche 12 juin 2011
dvd: Pierre Carles, Fin de concession
Pierre Carles
Fin de concession
Zone 2 • DVD 9 • 16/9 • PAL – Son stereo • 2h08 • Film sous-titré en espagnol et anglais
[DVD destiné à un usage exclusivement privé ; pour toute autre utilisation (diffusion publique, gratuite ou non), contacter cp-productions@wanadoo.fr]
Un film de Pierre Carles
produit par Annie Gonzalez
monté par Bernard Sasia
avec la participation plus ou moins volontaire de :
Hervé Bourges, Jean-Marie Cavada, Jacques Chancel, Michèle Cotta, Jean-Pierre Elkabbach, Franz-Olivier Giesbert, Xavier Gouyou Beauchamps, Elise Lucet, Etienne Mougeotte, Audrey Pulvar, Bernard Tapie, Charles Villeneuve, Karl Zéro…
Les médias mentent. Grossièrement comme lorsque PPDA fabrique une fausse interview de Fidel Castro, ou bien par omission lorsque aucune chaîne de télévision n’a idée d’enquêter sur les conditions de l’attribution de la concession de TF1 au groupe Bouygues, ni sur les renvois d’ascenseur entre Martin Bouygues et un certain… Nicolas Sarkozy.
Reprenant son bâton de pèlerin de critique des médias, Pierre Carles repart à l’assaut des responsables de l’information pour amener ceux-ci à reconnaître leurs mensonges, à dévoiler leur connivence avec le pouvoir politico-économique.
Au fur et à mesure que Carles et son double, l’improbable caméraman uruguayen Carlos Pedro, règlent leur compte aux dinosaures de l’audiovisuel, l’ex chevalier blanc de la télévision découvre à quel point ces dirigeants savent désormais esquiver, contrer ou digérer la critique des médias. Quinze ans après s’être attaqué à Canal + et avoir ridiculisé de hauts responsables de l’information, lui et ses complices sont amenés à se poser des questions sur l’efficacité de leurs méthodes. Ont-ils perdu la bataille ? Doivent-il s’avouer vaincus ? Ou faut-il changer de méthode et s’y prendre autrement avec les puissants ?
Interview de Pierre Carles, propos recueillis par Philippe Person le 26 août 2010 à Paris
dimanche 15 mai 2011
Pierre Carles, NOUVELLES DU DVD DE FIN DE CONCESSION (ET PROJETS EN COURS DU REALISATEUR)
La sortie en dvd de mon dernier long-métrage Fin de concession a pris du retard. Il aurait dû être prêt le 1er mai 2011 mais il ne sortira en définitive qu’en juin, le temps pour l’équipe qui le conçoit de mettre au point les versions sous-titrées du film1 et de fabriquer le livret qui accompagne le dvd2. Notre fonctionnement étant extrêmement artisanal3, nous avons parfois de petits soucis pour tenir les délais. Nous tentons de faire au mieux avec les faibles moyens dont nous disposons, aussi nous vous demandons d’être patients.
Quelques nouvelles de mes prochaines réalisations : le relatif insuccès commercial de Fin de concession au cinéma4 va rendre un peu plus difficile la fabrication de mes prochains longs-métrages. Je vais néanmoins tenter d’autoproduire d’ici la fin de l’année DSK, etc. (une enquête dans la lignée de Juppé, forcément… où il sera question de la présélection d’un candidat à l’élection présidentielle par les principaux médias) et d’achever Du miel, des anguilles et des poules mouillées (titre provisoire), un long-métrage coréalisé avec Philippe Lespinasse lors du tournage de deux reportages TV commandés par France 3 Toulouse sur la vie le long des étangs de Bages, Sigean et Gruissan dans l’Aude. Autre projet qui devrait voir le jour en 2012 : Bourdieu, le retour (co-réalisé avec Annie Gonzalez), un film fabriqué à partir des rushes non montés de La Sociologie est un sport de combat et d’entretiens inédits avec de proches collaborateurs du sociologue Pierre Bourdieu. On me demande souvent des nouvelles du projet intitulé Ni vieux, ni traîtres (film inachevé, jamais sorti en salles de cinéma). Il devrait se scinder en deux documentaires abordant la question taboue de la lutte armée en France dans les années 70/80 : Guérilla française (coréalisé avec Georges Minangoy) qui retracera l’histoire du groupe Action Directe ainsi que 1974, année explosive (coréalisé avec Stéphane Goxe) retraçant le parcours de certains membres des Gari5 luttant contre le régime du dictateur Franco entre Toulouse et l’Espagne.
J’ai aussi annoncé un long-métrage sur le chanteur-auteur-compositeur Nino Ferrer. Ho ! Hé ! Hein ! Bon ! qui devrait voir le jour d’ici deux ou trois ans si tout se passe bien. Dernier long-métrage en cours de développement : Wayana (suite et fin), un film sur une tribu d’indiens d’Amazonie qui a vu son mode de vie traditionnel disparaître en quelques années sous les assauts conjugués de notre société de consommation et de la fièvre de l’or qui sévit en Guyane française. Récit d’un désastre.
Ces films, je les réaliserai coûte que coûte. Les choses iraient un peu plus vite si nous disposions, mes collaborateurs et moi, de plus de moyens pour les mener à bien. Continuez à venir voir nos films en salles de cinéma, à acheter nos dvd (même s’ils sortent parfois avec un mois de retard). Ce sont, pour l’instant, nos principales sources de financement. Sans elles, nous ne pourrions pas fabriquer des documentaires aussi indépendants que ceux que nous réalisons depuis bientôt quinze ans. Nous n’avons pas encore renoncé à poursuivre cette aventure.
A très bientôt.
Pierre Carles
*****************
Quelques nouvelles de mes prochaines réalisations : le relatif insuccès commercial de Fin de concession au cinéma4 va rendre un peu plus difficile la fabrication de mes prochains longs-métrages. Je vais néanmoins tenter d’autoproduire d’ici la fin de l’année DSK, etc. (une enquête dans la lignée de Juppé, forcément… où il sera question de la présélection d’un candidat à l’élection présidentielle par les principaux médias) et d’achever Du miel, des anguilles et des poules mouillées (titre provisoire), un long-métrage coréalisé avec Philippe Lespinasse lors du tournage de deux reportages TV commandés par France 3 Toulouse sur la vie le long des étangs de Bages, Sigean et Gruissan dans l’Aude. Autre projet qui devrait voir le jour en 2012 : Bourdieu, le retour (co-réalisé avec Annie Gonzalez), un film fabriqué à partir des rushes non montés de La Sociologie est un sport de combat et d’entretiens inédits avec de proches collaborateurs du sociologue Pierre Bourdieu. On me demande souvent des nouvelles du projet intitulé Ni vieux, ni traîtres (film inachevé, jamais sorti en salles de cinéma). Il devrait se scinder en deux documentaires abordant la question taboue de la lutte armée en France dans les années 70/80 : Guérilla française (coréalisé avec Georges Minangoy) qui retracera l’histoire du groupe Action Directe ainsi que 1974, année explosive (coréalisé avec Stéphane Goxe) retraçant le parcours de certains membres des Gari5 luttant contre le régime du dictateur Franco entre Toulouse et l’Espagne.
J’ai aussi annoncé un long-métrage sur le chanteur-auteur-compositeur Nino Ferrer. Ho ! Hé ! Hein ! Bon ! qui devrait voir le jour d’ici deux ou trois ans si tout se passe bien. Dernier long-métrage en cours de développement : Wayana (suite et fin), un film sur une tribu d’indiens d’Amazonie qui a vu son mode de vie traditionnel disparaître en quelques années sous les assauts conjugués de notre société de consommation et de la fièvre de l’or qui sévit en Guyane française. Récit d’un désastre.
Ces films, je les réaliserai coûte que coûte. Les choses iraient un peu plus vite si nous disposions, mes collaborateurs et moi, de plus de moyens pour les mener à bien. Continuez à venir voir nos films en salles de cinéma, à acheter nos dvd (même s’ils sortent parfois avec un mois de retard). Ce sont, pour l’instant, nos principales sources de financement. Sans elles, nous ne pourrions pas fabriquer des documentaires aussi indépendants que ceux que nous réalisons depuis bientôt quinze ans. Nous n’avons pas encore renoncé à poursuivre cette aventure.
A très bientôt.
Pierre Carles
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1 en anglais et en espagnol
2 rédigé par le critique de cinéma Philippe Person et illustré par Lefred Thouron (qui a conçu pour ce dvd 26 dessins originaux).
3 nous concevons tout de A à Z : les films, les bandes-annonces de nos films, les affiches, les dvd…
4 le film a totalisé 18 000 entrées, soit quatre fois moins que Volem rien foutre al païs (2007) ou Attention danger travail (2003) et à peine un peu plus que Choron, dernière (2009)
5 Groupes Armées Révolutionnaires Internationaux
vendredi 15 octobre 2010
videos: Pierre Carles, Fin de concession
Bande annonce de "Fin De Concession" réalisé par Pierre Carles
Extrait du film (Arnaud Montebourg et Nicolas Sarkozy)
2ème extrait - Interview de Charles Villeneuve
Jean-Luc Melenchon et David Pujadas - Extrait du film
David Pujadas en colère : extrait du film
+ d'extraits sur Touscoprod

Pierre Carles
Fin de concession
(pré-achat. Sortie en salles le 27 octobre 2010. DVD quatre mois après)
SORTIE EN SALLES LE 27 OCTOBRE 2010
Préacheter le Dvd est un acte de soutien à nos productions. (Vente en France uniquement)
Vous le recevrez quatre mois après la sortie en salles.
> Pour toute demande d’informations, merci de contacter CP-Productions cp-productions@wanadoo.fr
Un film de Pierre Carles
produit par Annie Gonzalez
monté par Bernard Sasia
avec la participation plus ou moins volontaire de :
Hervé Bourges, Jean-Marie Cavada, Jacques Chancel, Michèle Cotta, Jean-Pierre Elkabbach, Franz-Olivier Giesbert, Xavier Gouyou Beauchamps, Elise Lucet, Etienne Mougeotte, Audrey Pulvar, Bernard Tapie, Charles Villeneuve, Karl Zéro…
2h05 / France / 2010
Les médias mentent. Grossièrement comme lorsque PPDA fabrique une fausse interview de Fidel Castro, ou bien par omission lorsque aucune chaîne de télévision n’a idée d’enquêter sur les conditions de l’attribution de la concession de TF1 au groupe Bouygues, ni sur les renvois d’ascenseur entre Martin Bouygues et un certain… Nicolas Sarkozy.
Reprenant son bâton de pèlerin de critique des médias, Pierre Carles repart à l’assaut des responsables de l’information pour amener ceux-ci à reconnaître leurs mensonges, à dévoiler leur connivence avec le pouvoir politico-économique.
Au fur et à mesure que Carles et son double, l’improbable caméraman uruguayen Carlos Pedro, règlent leur compte aux dinosaures de l’audiovisuel, l’ex chevalier blanc de la télévision découvre à quel point ces dirigeants savent désormais esquiver, contrer ou digérer la critique des médias. Quinze ans après s’être attaqué à Canal + et avoir ridiculisé de hauts responsables de l’information, lui et ses complices sont amenés à se poser des questions sur l’efficacité de leurs méthodes. Ont-ils perdu la bataille ? Doivent-il s’avouer vaincus ? Ou faut-il changer de méthode et s’y prendre autrement avec les puissants ?
contact : cp-productions@wanadoo.fr
www.cp-productions.fr
Extrait du film (Arnaud Montebourg et Nicolas Sarkozy)
2ème extrait - Interview de Charles Villeneuve
Jean-Luc Melenchon et David Pujadas - Extrait du film
David Pujadas en colère : extrait du film
+ d'extraits sur Touscoprod

Pierre Carles
Fin de concession
(pré-achat. Sortie en salles le 27 octobre 2010. DVD quatre mois après)
SORTIE EN SALLES LE 27 OCTOBRE 2010
Préacheter le Dvd est un acte de soutien à nos productions. (Vente en France uniquement)
Vous le recevrez quatre mois après la sortie en salles.
> Pour toute demande d’informations, merci de contacter CP-Productions cp-productions@wanadoo.fr
Un film de Pierre Carles
produit par Annie Gonzalez
monté par Bernard Sasia
avec la participation plus ou moins volontaire de :
Hervé Bourges, Jean-Marie Cavada, Jacques Chancel, Michèle Cotta, Jean-Pierre Elkabbach, Franz-Olivier Giesbert, Xavier Gouyou Beauchamps, Elise Lucet, Etienne Mougeotte, Audrey Pulvar, Bernard Tapie, Charles Villeneuve, Karl Zéro…
2h05 / France / 2010
Les médias mentent. Grossièrement comme lorsque PPDA fabrique une fausse interview de Fidel Castro, ou bien par omission lorsque aucune chaîne de télévision n’a idée d’enquêter sur les conditions de l’attribution de la concession de TF1 au groupe Bouygues, ni sur les renvois d’ascenseur entre Martin Bouygues et un certain… Nicolas Sarkozy.
Reprenant son bâton de pèlerin de critique des médias, Pierre Carles repart à l’assaut des responsables de l’information pour amener ceux-ci à reconnaître leurs mensonges, à dévoiler leur connivence avec le pouvoir politico-économique.
Au fur et à mesure que Carles et son double, l’improbable caméraman uruguayen Carlos Pedro, règlent leur compte aux dinosaures de l’audiovisuel, l’ex chevalier blanc de la télévision découvre à quel point ces dirigeants savent désormais esquiver, contrer ou digérer la critique des médias. Quinze ans après s’être attaqué à Canal + et avoir ridiculisé de hauts responsables de l’information, lui et ses complices sont amenés à se poser des questions sur l’efficacité de leurs méthodes. Ont-ils perdu la bataille ? Doivent-il s’avouer vaincus ? Ou faut-il changer de méthode et s’y prendre autrement avec les puissants ?
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lundi 12 juillet 2010
regarder: Bande-annonce, Pierre Carles, Fin de concession
voir la bande annonce du nouveau film de Pierre Carles Fin de concession

Pierre Carles
Fin de concession
(pré-achat. Sortie cinéma fin 2010. DVD quatre mois après)
SORTIE EN SALLES FIN 2010
Préacheter le Dvd est un acte de soutien à nos productions. (Vente en France uniquement)
Vous le recevrez quatre mois après la sortie en salles.
> Pour toute demande d’informations, merci de contacter CP-Productions cp-productions@wanadoo.fr
Un film de Pierre Carles
produit par Annie Gonzalez
monté par Bernard Sasia
avec la participation plus ou moins volontaire de :
Hervé Bourges, Jean-Marie Cavada, Jacques Chancel, Michèle Cotta, Jean-Pierre Elkabbach, Franz-Olivier Giesbert, Xavier Gouyou Beauchamps, Elise Lucet, Etienne Mougeotte, Audrey Pulvar, Bernard Tapie, Charles Villeneuve, Karl Zéro…
2h05 / France / 2010
Les médias mentent. Grossièrement comme lorsque PPDA fabrique une fausse interview de Fidel Castro, ou bien par omission lorsque aucune chaîne de télévision n’a idée d’enquêter sur les conditions de l’attribution de la concession de TF1 au groupe Bouygues, ni sur les renvois d’ascenseur entre Martin Bouygues et un certain… Nicolas Sarkozy.
Reprenant son bâton de pèlerin de critique des médias, Pierre Carles repart à l’assaut des responsables de l’information pour amener ceux-ci à reconnaître leurs mensonges, à dévoiler leur connivence avec le pouvoir politico-économique.
Au fur et à mesure que Carles et son double, l’improbable caméraman uruguayen Carlos Pedro, règlent leur compte aux dinosaures de l’audiovisuel, l’ex chevalier blanc de la télévision découvre à quel point ces dirigeants savent désormais esquiver, contrer ou digérer la critique des médias. Quinze ans après s’être attaqué à Canal + et avoir ridiculisé de hauts responsables de l’information, lui et ses complices sont amenés à se poser des questions sur l’efficacité de leurs méthodes. Ont-ils perdu la bataille ? Doivent-il s’avouer vaincus ? Ou faut-il changer de méthode et s’y prendre autrement avec les puissants ?

Pierre Carles
Fin de concession
(pré-achat. Sortie cinéma fin 2010. DVD quatre mois après)
SORTIE EN SALLES FIN 2010
Préacheter le Dvd est un acte de soutien à nos productions. (Vente en France uniquement)
Vous le recevrez quatre mois après la sortie en salles.
> Pour toute demande d’informations, merci de contacter CP-Productions cp-productions@wanadoo.fr
Un film de Pierre Carles
produit par Annie Gonzalez
monté par Bernard Sasia
avec la participation plus ou moins volontaire de :
Hervé Bourges, Jean-Marie Cavada, Jacques Chancel, Michèle Cotta, Jean-Pierre Elkabbach, Franz-Olivier Giesbert, Xavier Gouyou Beauchamps, Elise Lucet, Etienne Mougeotte, Audrey Pulvar, Bernard Tapie, Charles Villeneuve, Karl Zéro…
2h05 / France / 2010
Les médias mentent. Grossièrement comme lorsque PPDA fabrique une fausse interview de Fidel Castro, ou bien par omission lorsque aucune chaîne de télévision n’a idée d’enquêter sur les conditions de l’attribution de la concession de TF1 au groupe Bouygues, ni sur les renvois d’ascenseur entre Martin Bouygues et un certain… Nicolas Sarkozy.
Reprenant son bâton de pèlerin de critique des médias, Pierre Carles repart à l’assaut des responsables de l’information pour amener ceux-ci à reconnaître leurs mensonges, à dévoiler leur connivence avec le pouvoir politico-économique.
Au fur et à mesure que Carles et son double, l’improbable caméraman uruguayen Carlos Pedro, règlent leur compte aux dinosaures de l’audiovisuel, l’ex chevalier blanc de la télévision découvre à quel point ces dirigeants savent désormais esquiver, contrer ou digérer la critique des médias. Quinze ans après s’être attaqué à Canal + et avoir ridiculisé de hauts responsables de l’information, lui et ses complices sont amenés à se poser des questions sur l’efficacité de leurs méthodes. Ont-ils perdu la bataille ? Doivent-il s’avouer vaincus ? Ou faut-il changer de méthode et s’y prendre autrement avec les puissants ?
lundi 19 avril 2010
dvd: Pierre Carles, Fin de concession

Pierre Carles
Fin de concession
Le DVD sera disponible à la vente en souscription à partir de fin avril et sera commercialisé à l’automne 2010.
Un film de Pierre Carles, produit par Annie Gonzalez, monté par Bernard Sasia
avec la participation plus ou moins volontaire de Hervé Bourges, Jean-Marie Cavada, Jacques Chancel, Michèle Cotta, Jean-Pierre Elkabbach, Franz-Olivier Giesbert, Xavier Gouyou Beauchamps, Elise Lucet, Etienne Mougeotte, Audrey Pulvar, Bernard Tapie, Charles Villeneuve, Karl Zéro…
2h05 • France • 2010 • Format image 16/9 • Dvd zone 2 • Pas de sous-titrage
[DVD destiné à un usage exclusivement privé ; pour toute autre utilisation (diffusion publique, gratuite ou non), pour les institutions et pour l’étranger, merci de prendre contact directement avec cp-productions@wanadoo.fr]
Les médias mentent. Grossièrement comme lorsque PPDA fabrique une fausse interview de Fidel Castro, ou bien par omission lorsque aucune chaîne de télévision n’a idée d’enquêter sur les conditions de l’attribution de la concession de TF1 au groupe Bouygues, ni sur les renvois d’ascenseur entre Martin Bouygues et un certain… Nicolas Sarkozy.
Reprenant son bâton de pèlerin de critique des médias, Pierre Carles repart à l’assaut des responsables de l’information pour amener ceux-ci à reconnaître leurs mensonges, à dévoiler leur connivence avec le pouvoir politico-économique.
Au fur et à mesure que Carles et son double, l’improbable caméraman uruguayen Carlos Pedro, règlent leur compte aux dinosaures de l’audiovisuel, l’ex chevalier blanc de la télévision découvre à quel point ces dirigeants savent désormais esquiver, contrer ou digérer la critique des médias. Quinze ans après s’être attaqué à Canal + et avoir ridiculisé de hauts responsables de l’information, lui et ses complices sont amenés à se poser des questions sur l’efficacité de leurs méthodes. Ont-ils perdu la bataille ? Doivent-il s’avouer vaincus ? Ou faut-il changer de méthode et s’y prendre autrement avec les puissants ?
Comment souscrire ?
1. Cliquer sur le bouton “Commander” (à gauche)
2. Merci de remplir soigneusement le formulaire en renseignant les données nécessaires au traitement de votre souscription (nom, prénom, adresse postale, adresse e-mail)
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5. Bien sûr, dès réception du DVD à l’atumone, vous serez les premiers servis
mardi 8 décembre 2009
Entretien avec Annie Gonzalez & Pierre Carles, deux tricards du petit écran
Entretien publié sur ARTICLE XI, voir le lien en bas de la page.

Entretien avec Annie Gonzalez & Pierre Carles, deux tricards du petit écran
lundi 7 décembre 2009, par JBB
Censure télévisée
Il y a toutes les chances pour que tu connaisses déjà Pierre Carles et que tu aies vu au moins l’un de ses films (sinon tous). On est entre gens sympathiques, n’est-ce pas ? Tu as donc sans doute visionné Pas vu Pas pris, joyeuse dénonciation du corporatisme médiatique, regardé l’un des deux opus que Pierre Carles a consacré au travail (Volem rien foutre al païs et Attention danger travail, tous deux coréalisés avec Christophe Coello et Stéphane Goxe) ou scruté avec attention son documentaire autour de Pierre Bourdieu.
Une chose de sûre, pourtant : ces films, tu ne les as pas vus à la télévision française. Depuis la sortie de Pas vu Pas pris, en 1998, et malgré de très respectables chiffres de fréquentation dans les cinémas, Pierre Carles n’y a jamais été programmé. Non qu’il s’en plaigne, hein. Mais pour une fois que la télévision pouvait nous rendre moins cons, c’est dommage.
Faut avouer - enfin - que Pierre Carles n’a pas spécialement cherché à se faire des amis dans les milieux de la télé. En l’un de ses textes, Radicale mauvaise humeur, publié dans un quotidien belge en 1999, le réalisateur (avec Georges Minangoy) de Ni vieux Ni traîtres [1] rappelait que le groupe Action Directe avait, au début des années 1980, fait placarder des affiches listant des « personnes à qui s’intéresser de près » : « On pouvait y lire : "S’ils habitent dans votre quartier, faite-les déménager. Si vous les croisez, faites les changer de trottoir. Si en général ils vous font chier, rendez leur la vie impossible." Suivaient le nom et l’adresse d’hommes d’affaires, de patrons d’industrie, de ministres, de journalistes, de vedettes des médias. On savait encore bien s’amuser, en ce temps-là. » Et Pierre Carles d’expliquer comment trouver les adresses d’Étienne Mougeotte, Alain de Greef, Thierry Ardisson, Michel Field, Laurent Ruquier, Michel Denisot… Avant de conclure : « Les bonnes idées ne manquent pas. Les occasions non plus. À vous de jouer. » Oui : couillu.
Pierre Carles : « C’est évident qu’un texte comme ça n’aurait pas pu être publié en France. Même en Belgique, c’est plutôt étonnant… Le Matin était un journal marginal (aujourd’hui disparu) et il avait donné carte blanche à quelques mauvais esprits - dont Noël Godin, Benoît Delépine ou moi - pour une chronique "mauvaise humeur". »
« De façon générale, la Belgique a toujours été accueillante envers mon travail. Pas vu pas pris y a même été diffusé à la télévision ! Pour moi, c’est presque une terre d’accueil. Les Belges m’ont d’ailleurs invité à une émission style Dossiers de l’écran il y a quelques années, comme si j’étais une sommité de la critique des médias… J’avais accepté parce qu’ils passaient Pas vu pas pris avant et que le débat se tenait en direct. À l’inverse, pas un seul de mes films n’a été diffusé à la télévision française. Pas un seul en onze ans ! »
Annie Gonzalez : « Je ne produits pas tous les films de Pierre, parce que je n’en ai pas les moyens et que la façon dont on travaille ne le permet pas. Mais j’en ai produit une bonne partie, dont Pas vu Pas pris, Enfin Pris ?, La sociologie est un sport de combat, Volem rien foutre al païs et Attention danger travail ; je suis aussi la productrice de Fin de concession qui, d’une certaine façon, se place dans la continuité de Pas vu Pas pris. En moyenne, ces films ont fait 100 000 entrées au cinéma. Les mêmes, pourtant, n’ont jamais été achetés par le petit écran ! C’est quand même un cas unique… »
Pierre : « Ce n’est pas que j’en souffre personnellement… Mais c’est totalement anormal que des films ayant un tel succès ne soient pas diffusés sur le réseau hertzien. D’autant que le blocage ne vient pas de nous : avec Annie, on propose toujours nos films à la télévision. Fin de concession, par exemple, a été proposé à Planète ; La Sociologie est un sport de combat l’avait été à Arte. »
« Dans la pratique, on ne rejette donc pas le financement de la télévision. Juste : on ne veut pas en dépendre. Je pense que nos films sont refusés parce qu’on renvoie les gens de télé à leur propre incompétence. Et aussi parce qu’il s’agit de sujets sensibles. Prend Attention danger travail : en 2002, quand il est sorti, personne ne voulait donner la parole aux déserteurs du travail… »
« C’est possible que ma personnalité et mes rapports au monde de la télé jouent aussi dans ce refus constant. Mais tout autant que notre façon de faire : nous sommes autonome, nous n’avons pas besoin d’eux. Qu’ils nous suivent ou pas, le film sortira. »
Annie : « C’est d’ailleurs la première chose que j’entends, quand je décroche mon téléphone pour proposer un film de Pierre Carles aux chaînes : "De toute façon, vous le ferez quand même…" »
« C’est clair qu’il y a aussi dans ces refus une volonté de punition, de sanction. Au moins pour Pas vu Pas pris. »
Pierre : « C’est finalement très paradoxal. On se retrouve dans une situation où les chaînes de télévision refusent de faire de l’argent avec mes films… »
« Ils ne m’ont pas pardonné d’avoir transgressé les règles, la loi du milieu. Puisque je ne joue pas le jeu, c’est logique que j’en sois banni. Ça renvoie à leurs contradictions ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de censure à la télévision française ; de fait, il y en a une, j’en suis la preuve. Je ne doute pas que si demain je proposais un portrait complaisant de Nicolas Sarkozy aux chaînes de télé, je n’aurais plus aucun problème pour être diffusé sur le réseau hertzien. »
-
Fin de Concession
De Fin de Concession, Pierre Carle et Annie Gonzalez nous ont montré deux scènes emblématiques, aussi jouissives l’une que l’autre. La première, je t’en ai parlé en introduction. Dans la seconde, Pierre Carles - alias Carlos Pedro, toujours - rencontre Charles Villeneuve. L’interroge sur le lien entre la télévision française et le pouvoir. Et lui met peu à peu la puce à l’oreille : « Vous êtes sûrs que vous travaillez pour une chaîne généraliste ? », demande l’ancien présentateur du Droit de Savoir. Subodorant une entourloupe, Villeneuve interrompt finalement l’entretien sur ces mots : « Je me suis déjà fait piéger une fois sur TF1, ça n’arrivera pas deux fois. »
Finalement : si. Charles Villeneuve a été piégé, derechef. Et par le même réalisateur : quand il dit s’être fait « piéger une fois », c’est à Pas vu pas pris qu’il pense… Comment dit-on ? Ah oui : dommage…
Pierre : « Fin de Concession part de deux constats. De un, il n’existe aucun documentaire de fond sur les rapports entre Nicolas Sarkozy et les médias. De deux, il n’existe pas non plus de documentaire sur la façon dont un immense groupe de BTP a pu faire main basse sur la première chaîne publique française. C’est quand même quelque chose d’incroyable : en 1987, le groupe Bouygues a littéralement acheté l’accès à un téléspectateur français sur deux ! Mais il n’a respecté aucune des promesses faites lors de l’octroi de cette concession. À tel point que celle-ci aurait pu être annulée, en 1994, si la loi Carignon n’avait pas rendu son renouvellement à peu près automatique. »
« Il faut quand même rappeler que les représentants du groupe Bouygues avaient raconté n’importe quoi lors de leur audition par la CNCL, ancêtre du CSA. Ils promettaient par exemple la diffusion d’opéra et de pelote basque, et osaient parler de "mieux-disant culturel". Ils n’avaient d’ailleurs pas davantage respecté les engagements pris dans leur cahier des charges. »
« Pour moi, l’histoire entre Sarkozy et TF1 commence réellement en 1993. La chaîne venait d’être mise à l’amende par le CSA, pour ne pas avoir respecté ses obligations en matière de diffusion des œuvres françaises. Un jeune député avait été invité au journal pour dire combien cette amende était un scandale. Ce jeune député était Nicolas Sarkozy et c’était le début d’une étroite relation. »
« Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a jamais eu de fiction ou de documentaire audiovisuel sur le rachat de TF1. Il y a bien un très bon bouquin, TF1 un pouvoir, une enquête de Pierre Péan et Christophe Nick parue en 1997, mais ce livre n’est pas du tout centré sur Nicolas Sarkozy. On y voit par contre énormément son favori du moment, Edouard Balladur, lequel a bénéficié d’une incroyable ouverture médiatique lors de la présidentielle de 1995. Avec notamment ce discours de remerciement, lors des vœux de Balladur à la presse : "Je suis très content de vous, vous avez fait du très bon travail." »
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Questions de forme
Qu’il prenne à partie Étienne Mougeotte en lui reprochant vertement l’orientation droitière de TF1, piège joliment Karl Zéro dans Pas vu Pas pris ou envoie un de ses amis à la rencontre du directeur de la rédaction de Charlie Hebdo pour l’interroger sur l’héritage (nié) de Choron [2], il y a une façon de mener (tambour battant) les choses qui n’appartient qu’à Pierre Carles. Un très efficace mélange de naïveté, de culot et de machiavélisme, pour mettre à nu les compromissions et contradictions de ses interlocuteurs. « Ce n’est pas gentil », lui sort un Karl Zéro faussement compréhensif. « Pas gentil », peut-être. Mais ça fonctionne tellement bien…
Pierre : « L’aspect le plus intéressant de Pas vu Pas pris est qu’il a été un déclencheur : les réactions qu’il a soulevées illustraient parfaitement le corporatisme des journalistes. »
« Au fond, le document sur lequel était centré le film [3] n’était qu’un prétexte, le révélateur des lois du milieu. Tous ceux qui se sont indignés ont fait mine de croire que l’intérêt éventuel de Pas vu Pas pris résidait dans la valeur de cette séquence montrant Mougeotte et Léotard. Alors qu’il n’était bien évidemment pas là. »
Annie : « C’est d’ailleurs toute l’originalité du travail de Pierre : il écrit réellement un récit. Il joue, prend position, se met en scène, et ces éléments deviennent des dispositifs de l’action. »
Pierre : « Il faut dire que j’ai été bien aidé par les intéressés. Jacques Chancel, Karl Zéro, Charles Villeneuve… tous se sont ingéniés à se montrer sous un jour intemporel, à réagir en hommes de pouvoir. On peut même dire qu’ils ont écrit en partie le scénario et qu’ils ont été très bons dans leurs rôles respectifs… »
« Pas vu Pas pris est d’abord un film sur le pouvoir. Il montre comment réagissent les hommes de pouvoir quand on tente de fissurer leur image, et donc quand on attaque leur porte-monnaie. Cette réaction-réflexe face à la menace est universelle. »
Annie : « Pas vu Pas pris a finalement très bien marché. C’est moins le cas d’Enfin Pris, sorti quatre ans plus tard et qui n’a fait "que" 55 000 entrées. Je pense qu’il est quand même devenu un classique du cinéma de réflexion, à l’image du documentaire sur Pierre Bourdieu. »
« Ce qui m’intéresse vraiment dans les films de Pierre, c’est qu’ils ne ressemblent à aucun autre. À la présence physique de Pierre Carles s’ajoutent un long travail de montage et un travail spécifique sur les archives, des éléments historiques existant déjà mais qu’il décide de sortir du flux et de mettre en perspectives. Ses films sont constitués de paliers, avec un lot d’informations supplémentaires à chaque étape. Je trouve ça très excitant. »
Pierre : « Ce qui m’a plu dans le travail de Michael Moore, c’est sa capacité à faire des films drôles sur des sujets graves. Dans Roger et moi, il réussissait à conter l’effondrement de Flint de manière très drôle. À l’époque, il faisait en outre confiance au spectateur, il ne le prenait pas totalement en main. Aujourd’hui, c’est différent… »
« Aller voir les représentants du pouvoir est finalement un ressort scénaristique assez classique, façon David contre Goliath. Tout son intérêt réside dans le fait qu’il peut provoquer la surprise et se révéler très inattendu. Et puis, il y a un plaisir assez narcissique à aller provoquer les puissants… »
« Mais s’il y a un film qui m’a vraiment inspiré, c’est Hôtel Terminus de Marcel Ophuls. On sent dans cette œuvre une conception du cinéma et du documentaire très pure, quelque chose qui a vraiment fait avancer le schmilblick. On est à des lieux d’un personnage comme Ardisson, qui a pourtant l’incroyable prétention d’avoir inventé quelque chose à la télévision. »
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Système et dépendance
En questionnant la lutte armée, en donnant longuement la parole à des gens se plaçant d’eux-mêmes dans la marge ou en pointant les dérives de ceux qui détiennent le pouvoir médiatique, c’est finalement l’étonnante longévité d’un système qui aurait dû depuis longtemps s’écrouler que Pierre Carles interroge. Pourquoi et comment tient-il ?
Pierre : « Je suis finalement très étonné que notre société ne connaisse pas davantage de violences. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus d’émeutes, plus d’habitants de banlieues brûlant écoles et bibliothèques et s’en prenant aux symboles de l’État ? Pourquoi n’y a t-il pas plus de violences ? C’est une très bonne question. Elle mériterait un film, mais personne ne le financerait… »
Annie : « Dans Volem rien foutre el païs, on voit des gens qui proposent des réponses collectives, trouvent des façons de se débrouiller pour devenir autonomes. »
Pierre : « Ce film se termine sur la question que je pose à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense : à l’occasion d’un exercice militaire, je lui demande si l’armée pourrait intervenir pour mettre au pas ceux qui décident de se couper de la société de consommation. En réponse, elle m’avait regardé d’un air interloqué… »
« Quelques années plus tard, c’est pourtant bien l’armée - c’est à dire la gendarmerie - qui est intervenue à Tarnac parce qu’il est reproché à certains de ses habitants de ne pas respecter les normes en matière de mode de vie. La question finale du film avait quelque chose de prémonitoire, finalement. »
Pierre : « Prend notre exemple. Si on voulait être indépendant jusqu’au bout, il faudrait qu’on trouve un moyen d’être diffusé et projeté dans des lieux où on n’est pas censé exister. Parce qu’il faut voir les choses en face : notre public est sociologiquement très connoté, avec un certain niveau de revenu et d’étude. C’est particulièrement vrai pour les gens qui vont voir nos films dans le réseau des salles de cinéma d’art et d’essai. »
« Dans La sociologie est un sport de combat, il y a une séquence tournée au Val-Fourré, avec des jeunes qui bousculent un peu Pierre Bourdieu. Après sa sortie, on est retourné au Val-Fourré pour projeter le film : dans le public, il n’y avait à peu près que des profs et des membres de la classe moyenne… Il ne faut pas mésestimer les barrières de classe. »
Notes
[1] Ni Vieux Ni traîtres est un (excellent) documentaire de Pierre Carles et Georges Minangoy, dans lequel il part à la rencontre d’anciens des Groupes d’action révolutionnaires internationalistes (GARI) et d’Action Directe. En filigrane, la question de la légitimité de la violence et de la fidélité à ses idéaux.
[2] Tu noteras que Choron Dernière, documentaire de Pierre Carles et Martin sur ce personnage extraordinaire qu’était le professeur Choron, vient de sortir en DVD. Je dis ça, je dis rien…
[3] Soit l’enregistrement de quelques minutes de discussion entre François Léotard, alors ministre de la Défense, et Etienne Mougeotte, directeur des programmes de TF1. Une conversation tenue juste avant l’ouverture du journal et illustrant la complicité régnant entre les deux hommes. D’abord publiée, sous forme d’extraits, par Le Canard Enchaîné, la séquence est ensuite devenue le point de départ d’un reportage réalisé par Pierre Carles sur commande de Canal + et portant sur la "télé, le pouvoir et la morale". La chaîne ayant, sur décision d’Alain de Greef, refusé de le diffuser, Pierre Carles l’a étoffé. Il est devenu Pas vu Pas pris, documentaire indépendant.
source: http://www.article11.info/spip/spip.php?article632

Entretien avec Annie Gonzalez & Pierre Carles, deux tricards du petit écran
lundi 7 décembre 2009, par JBB
Censure télévisée
Il y a toutes les chances pour que tu connaisses déjà Pierre Carles et que tu aies vu au moins l’un de ses films (sinon tous). On est entre gens sympathiques, n’est-ce pas ? Tu as donc sans doute visionné Pas vu Pas pris, joyeuse dénonciation du corporatisme médiatique, regardé l’un des deux opus que Pierre Carles a consacré au travail (Volem rien foutre al païs et Attention danger travail, tous deux coréalisés avec Christophe Coello et Stéphane Goxe) ou scruté avec attention son documentaire autour de Pierre Bourdieu.
Une chose de sûre, pourtant : ces films, tu ne les as pas vus à la télévision française. Depuis la sortie de Pas vu Pas pris, en 1998, et malgré de très respectables chiffres de fréquentation dans les cinémas, Pierre Carles n’y a jamais été programmé. Non qu’il s’en plaigne, hein. Mais pour une fois que la télévision pouvait nous rendre moins cons, c’est dommage.
Faut avouer - enfin - que Pierre Carles n’a pas spécialement cherché à se faire des amis dans les milieux de la télé. En l’un de ses textes, Radicale mauvaise humeur, publié dans un quotidien belge en 1999, le réalisateur (avec Georges Minangoy) de Ni vieux Ni traîtres [1] rappelait que le groupe Action Directe avait, au début des années 1980, fait placarder des affiches listant des « personnes à qui s’intéresser de près » : « On pouvait y lire : "S’ils habitent dans votre quartier, faite-les déménager. Si vous les croisez, faites les changer de trottoir. Si en général ils vous font chier, rendez leur la vie impossible." Suivaient le nom et l’adresse d’hommes d’affaires, de patrons d’industrie, de ministres, de journalistes, de vedettes des médias. On savait encore bien s’amuser, en ce temps-là. » Et Pierre Carles d’expliquer comment trouver les adresses d’Étienne Mougeotte, Alain de Greef, Thierry Ardisson, Michel Field, Laurent Ruquier, Michel Denisot… Avant de conclure : « Les bonnes idées ne manquent pas. Les occasions non plus. À vous de jouer. » Oui : couillu.
Pierre Carles : « C’est évident qu’un texte comme ça n’aurait pas pu être publié en France. Même en Belgique, c’est plutôt étonnant… Le Matin était un journal marginal (aujourd’hui disparu) et il avait donné carte blanche à quelques mauvais esprits - dont Noël Godin, Benoît Delépine ou moi - pour une chronique "mauvaise humeur". »
« De façon générale, la Belgique a toujours été accueillante envers mon travail. Pas vu pas pris y a même été diffusé à la télévision ! Pour moi, c’est presque une terre d’accueil. Les Belges m’ont d’ailleurs invité à une émission style Dossiers de l’écran il y a quelques années, comme si j’étais une sommité de la critique des médias… J’avais accepté parce qu’ils passaient Pas vu pas pris avant et que le débat se tenait en direct. À l’inverse, pas un seul de mes films n’a été diffusé à la télévision française. Pas un seul en onze ans ! »
Annie Gonzalez : « Je ne produits pas tous les films de Pierre, parce que je n’en ai pas les moyens et que la façon dont on travaille ne le permet pas. Mais j’en ai produit une bonne partie, dont Pas vu Pas pris, Enfin Pris ?, La sociologie est un sport de combat, Volem rien foutre al païs et Attention danger travail ; je suis aussi la productrice de Fin de concession qui, d’une certaine façon, se place dans la continuité de Pas vu Pas pris. En moyenne, ces films ont fait 100 000 entrées au cinéma. Les mêmes, pourtant, n’ont jamais été achetés par le petit écran ! C’est quand même un cas unique… »
Pierre : « Ce n’est pas que j’en souffre personnellement… Mais c’est totalement anormal que des films ayant un tel succès ne soient pas diffusés sur le réseau hertzien. D’autant que le blocage ne vient pas de nous : avec Annie, on propose toujours nos films à la télévision. Fin de concession, par exemple, a été proposé à Planète ; La Sociologie est un sport de combat l’avait été à Arte. »
« Dans la pratique, on ne rejette donc pas le financement de la télévision. Juste : on ne veut pas en dépendre. Je pense que nos films sont refusés parce qu’on renvoie les gens de télé à leur propre incompétence. Et aussi parce qu’il s’agit de sujets sensibles. Prend Attention danger travail : en 2002, quand il est sorti, personne ne voulait donner la parole aux déserteurs du travail… »
« C’est possible que ma personnalité et mes rapports au monde de la télé jouent aussi dans ce refus constant. Mais tout autant que notre façon de faire : nous sommes autonome, nous n’avons pas besoin d’eux. Qu’ils nous suivent ou pas, le film sortira. »
Annie : « C’est d’ailleurs la première chose que j’entends, quand je décroche mon téléphone pour proposer un film de Pierre Carles aux chaînes : "De toute façon, vous le ferez quand même…" »
« C’est clair qu’il y a aussi dans ces refus une volonté de punition, de sanction. Au moins pour Pas vu Pas pris. »
Pierre : « C’est finalement très paradoxal. On se retrouve dans une situation où les chaînes de télévision refusent de faire de l’argent avec mes films… »
« Ils ne m’ont pas pardonné d’avoir transgressé les règles, la loi du milieu. Puisque je ne joue pas le jeu, c’est logique que j’en sois banni. Ça renvoie à leurs contradictions ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de censure à la télévision française ; de fait, il y en a une, j’en suis la preuve. Je ne doute pas que si demain je proposais un portrait complaisant de Nicolas Sarkozy aux chaînes de télé, je n’aurais plus aucun problème pour être diffusé sur le réseau hertzien. »
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Fin de Concession
De Fin de Concession, Pierre Carle et Annie Gonzalez nous ont montré deux scènes emblématiques, aussi jouissives l’une que l’autre. La première, je t’en ai parlé en introduction. Dans la seconde, Pierre Carles - alias Carlos Pedro, toujours - rencontre Charles Villeneuve. L’interroge sur le lien entre la télévision française et le pouvoir. Et lui met peu à peu la puce à l’oreille : « Vous êtes sûrs que vous travaillez pour une chaîne généraliste ? », demande l’ancien présentateur du Droit de Savoir. Subodorant une entourloupe, Villeneuve interrompt finalement l’entretien sur ces mots : « Je me suis déjà fait piéger une fois sur TF1, ça n’arrivera pas deux fois. »
Finalement : si. Charles Villeneuve a été piégé, derechef. Et par le même réalisateur : quand il dit s’être fait « piéger une fois », c’est à Pas vu pas pris qu’il pense… Comment dit-on ? Ah oui : dommage…
Pierre : « Fin de Concession part de deux constats. De un, il n’existe aucun documentaire de fond sur les rapports entre Nicolas Sarkozy et les médias. De deux, il n’existe pas non plus de documentaire sur la façon dont un immense groupe de BTP a pu faire main basse sur la première chaîne publique française. C’est quand même quelque chose d’incroyable : en 1987, le groupe Bouygues a littéralement acheté l’accès à un téléspectateur français sur deux ! Mais il n’a respecté aucune des promesses faites lors de l’octroi de cette concession. À tel point que celle-ci aurait pu être annulée, en 1994, si la loi Carignon n’avait pas rendu son renouvellement à peu près automatique. »
« Il faut quand même rappeler que les représentants du groupe Bouygues avaient raconté n’importe quoi lors de leur audition par la CNCL, ancêtre du CSA. Ils promettaient par exemple la diffusion d’opéra et de pelote basque, et osaient parler de "mieux-disant culturel". Ils n’avaient d’ailleurs pas davantage respecté les engagements pris dans leur cahier des charges. »
« Pour moi, l’histoire entre Sarkozy et TF1 commence réellement en 1993. La chaîne venait d’être mise à l’amende par le CSA, pour ne pas avoir respecté ses obligations en matière de diffusion des œuvres françaises. Un jeune député avait été invité au journal pour dire combien cette amende était un scandale. Ce jeune député était Nicolas Sarkozy et c’était le début d’une étroite relation. »
« Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a jamais eu de fiction ou de documentaire audiovisuel sur le rachat de TF1. Il y a bien un très bon bouquin, TF1 un pouvoir, une enquête de Pierre Péan et Christophe Nick parue en 1997, mais ce livre n’est pas du tout centré sur Nicolas Sarkozy. On y voit par contre énormément son favori du moment, Edouard Balladur, lequel a bénéficié d’une incroyable ouverture médiatique lors de la présidentielle de 1995. Avec notamment ce discours de remerciement, lors des vœux de Balladur à la presse : "Je suis très content de vous, vous avez fait du très bon travail." »
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Questions de forme
Qu’il prenne à partie Étienne Mougeotte en lui reprochant vertement l’orientation droitière de TF1, piège joliment Karl Zéro dans Pas vu Pas pris ou envoie un de ses amis à la rencontre du directeur de la rédaction de Charlie Hebdo pour l’interroger sur l’héritage (nié) de Choron [2], il y a une façon de mener (tambour battant) les choses qui n’appartient qu’à Pierre Carles. Un très efficace mélange de naïveté, de culot et de machiavélisme, pour mettre à nu les compromissions et contradictions de ses interlocuteurs. « Ce n’est pas gentil », lui sort un Karl Zéro faussement compréhensif. « Pas gentil », peut-être. Mais ça fonctionne tellement bien…
Pierre : « L’aspect le plus intéressant de Pas vu Pas pris est qu’il a été un déclencheur : les réactions qu’il a soulevées illustraient parfaitement le corporatisme des journalistes. »
« Au fond, le document sur lequel était centré le film [3] n’était qu’un prétexte, le révélateur des lois du milieu. Tous ceux qui se sont indignés ont fait mine de croire que l’intérêt éventuel de Pas vu Pas pris résidait dans la valeur de cette séquence montrant Mougeotte et Léotard. Alors qu’il n’était bien évidemment pas là. »
Annie : « C’est d’ailleurs toute l’originalité du travail de Pierre : il écrit réellement un récit. Il joue, prend position, se met en scène, et ces éléments deviennent des dispositifs de l’action. »
Pierre : « Il faut dire que j’ai été bien aidé par les intéressés. Jacques Chancel, Karl Zéro, Charles Villeneuve… tous se sont ingéniés à se montrer sous un jour intemporel, à réagir en hommes de pouvoir. On peut même dire qu’ils ont écrit en partie le scénario et qu’ils ont été très bons dans leurs rôles respectifs… »
« Pas vu Pas pris est d’abord un film sur le pouvoir. Il montre comment réagissent les hommes de pouvoir quand on tente de fissurer leur image, et donc quand on attaque leur porte-monnaie. Cette réaction-réflexe face à la menace est universelle. »
Annie : « Pas vu Pas pris a finalement très bien marché. C’est moins le cas d’Enfin Pris, sorti quatre ans plus tard et qui n’a fait "que" 55 000 entrées. Je pense qu’il est quand même devenu un classique du cinéma de réflexion, à l’image du documentaire sur Pierre Bourdieu. »
« Ce qui m’intéresse vraiment dans les films de Pierre, c’est qu’ils ne ressemblent à aucun autre. À la présence physique de Pierre Carles s’ajoutent un long travail de montage et un travail spécifique sur les archives, des éléments historiques existant déjà mais qu’il décide de sortir du flux et de mettre en perspectives. Ses films sont constitués de paliers, avec un lot d’informations supplémentaires à chaque étape. Je trouve ça très excitant. »
Pierre : « Ce qui m’a plu dans le travail de Michael Moore, c’est sa capacité à faire des films drôles sur des sujets graves. Dans Roger et moi, il réussissait à conter l’effondrement de Flint de manière très drôle. À l’époque, il faisait en outre confiance au spectateur, il ne le prenait pas totalement en main. Aujourd’hui, c’est différent… »
« Aller voir les représentants du pouvoir est finalement un ressort scénaristique assez classique, façon David contre Goliath. Tout son intérêt réside dans le fait qu’il peut provoquer la surprise et se révéler très inattendu. Et puis, il y a un plaisir assez narcissique à aller provoquer les puissants… »
« Mais s’il y a un film qui m’a vraiment inspiré, c’est Hôtel Terminus de Marcel Ophuls. On sent dans cette œuvre une conception du cinéma et du documentaire très pure, quelque chose qui a vraiment fait avancer le schmilblick. On est à des lieux d’un personnage comme Ardisson, qui a pourtant l’incroyable prétention d’avoir inventé quelque chose à la télévision. »
-
Système et dépendance
En questionnant la lutte armée, en donnant longuement la parole à des gens se plaçant d’eux-mêmes dans la marge ou en pointant les dérives de ceux qui détiennent le pouvoir médiatique, c’est finalement l’étonnante longévité d’un système qui aurait dû depuis longtemps s’écrouler que Pierre Carles interroge. Pourquoi et comment tient-il ?
Pierre : « Je suis finalement très étonné que notre société ne connaisse pas davantage de violences. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus d’émeutes, plus d’habitants de banlieues brûlant écoles et bibliothèques et s’en prenant aux symboles de l’État ? Pourquoi n’y a t-il pas plus de violences ? C’est une très bonne question. Elle mériterait un film, mais personne ne le financerait… »
Annie : « Dans Volem rien foutre el païs, on voit des gens qui proposent des réponses collectives, trouvent des façons de se débrouiller pour devenir autonomes. »
Pierre : « Ce film se termine sur la question que je pose à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense : à l’occasion d’un exercice militaire, je lui demande si l’armée pourrait intervenir pour mettre au pas ceux qui décident de se couper de la société de consommation. En réponse, elle m’avait regardé d’un air interloqué… »
« Quelques années plus tard, c’est pourtant bien l’armée - c’est à dire la gendarmerie - qui est intervenue à Tarnac parce qu’il est reproché à certains de ses habitants de ne pas respecter les normes en matière de mode de vie. La question finale du film avait quelque chose de prémonitoire, finalement. »
Pierre : « Prend notre exemple. Si on voulait être indépendant jusqu’au bout, il faudrait qu’on trouve un moyen d’être diffusé et projeté dans des lieux où on n’est pas censé exister. Parce qu’il faut voir les choses en face : notre public est sociologiquement très connoté, avec un certain niveau de revenu et d’étude. C’est particulièrement vrai pour les gens qui vont voir nos films dans le réseau des salles de cinéma d’art et d’essai. »
« Dans La sociologie est un sport de combat, il y a une séquence tournée au Val-Fourré, avec des jeunes qui bousculent un peu Pierre Bourdieu. Après sa sortie, on est retourné au Val-Fourré pour projeter le film : dans le public, il n’y avait à peu près que des profs et des membres de la classe moyenne… Il ne faut pas mésestimer les barrières de classe. »
Notes
[1] Ni Vieux Ni traîtres est un (excellent) documentaire de Pierre Carles et Georges Minangoy, dans lequel il part à la rencontre d’anciens des Groupes d’action révolutionnaires internationalistes (GARI) et d’Action Directe. En filigrane, la question de la légitimité de la violence et de la fidélité à ses idéaux.
[2] Tu noteras que Choron Dernière, documentaire de Pierre Carles et Martin sur ce personnage extraordinaire qu’était le professeur Choron, vient de sortir en DVD. Je dis ça, je dis rien…
[3] Soit l’enregistrement de quelques minutes de discussion entre François Léotard, alors ministre de la Défense, et Etienne Mougeotte, directeur des programmes de TF1. Une conversation tenue juste avant l’ouverture du journal et illustrant la complicité régnant entre les deux hommes. D’abord publiée, sous forme d’extraits, par Le Canard Enchaîné, la séquence est ensuite devenue le point de départ d’un reportage réalisé par Pierre Carles sur commande de Canal + et portant sur la "télé, le pouvoir et la morale". La chaîne ayant, sur décision d’Alain de Greef, refusé de le diffuser, Pierre Carles l’a étoffé. Il est devenu Pas vu Pas pris, documentaire indépendant.
source: http://www.article11.info/spip/spip.php?article632
vendredi 13 novembre 2009
Trois petits films contre le grand capital

Parution : 15/05/2009
20.00 euros
Trois petits films contre le grand capital
co-édition Plan B
Vente en France exclusivement
[DVD destiné à un usage exclusivement privé ; pour toute autre utilisation (diffusion publique, gratuite ou non), pour les institutions (tarif DVD à 60 euros) et pour l’étranger, merci de prendre contact directement avec cp-productions@wanadoo.fr]
Y a porte ouverte, chez les pauvres. Tout l’État rentre dedans, l’huissier, l’éducateur, le policier – et le journaliste à leur suite. Mais chez les riches, t’as le visiophone à l’entrée. Le digicode. Les codes tout court. Pénétrer chez eux, avec une caméra comme cheval de Troie, y a rien de plus drôle, mais rien de plus dur. Et les voilà, cette fois, par trois fois même, on y est : au premier rang chez les possédants. Dans le banquet des « maîtres » du Québec – qui se prétendent tous « magnificent » et « beautiful », avec Le temps des Bouffons. Chez ce fils de pub en Désarroi esthétique, avec « Bison futé » pour toute oeuvre et néanmoins persuadé de son « génie ». Chez les futurs « cadres en fonction », enfin, de L’Initiation, petits maîtres en cravates, à qui on enseigne sur un tableau le « costume », la « confiance », et « le sens qui est là : moi ». Parce qu’« on ne naît pas comme ça, on le devient » : leur ego grossit comme le crapaud de la fable, assez pour occulter le reste des vivants. (François Ruffin)
Le temps des bouffons
15 mn, Québec, 1985
Scénario, réalisation, production : Pierre Falardeau
Applaudissons-nous, we are magnificent people !
Le désarroi esthétique
14 mn, France, 1996
Réalisation : Pierre Carles
Image : Igor Ochronowicz, Jean-Michel Vennemani
Son : François de Morant, Joël Flescher
Montage : Françoise Lannoy
Je reviens toujours à « Que faire de cette liberté ? »
C’est à la fois un bonheur, un désarroi, une sorte de désarroi esthétique.
L’Initiation
63 mn. France, 2007
Réalisation : Boris Carré et François-Xavier Drouet
Image : Bartek Woznika – Montage : Agnès Bruckert
Producteur : Thomas Muselier (Superlux films)
Quand on restructure, on dégage. On prend un fichier Excel. On met des noms. Des gens que vous ne connaissez pas, donc c’est pas très grave. On s’en fout, d’accord ?
Zone 2 • DVD 9 • PAL – son MONO • Écran 4/3 • Film VO, pas de sous-titrage
http://atheles.org/cpproductions
mercredi 7 octobre 2009
à paraître: Choron, dernière, Pierre Carles - Éric Martin

Choron, dernière
CP-Productions
À paraître le 07/12/2009
Pierre Carles - Éric Martin
Choron, dernière
Carles et Martin dessinent à la serpe le portrait du sulfureux et subversif professeur Choron dans ce film tourné sur plusieurs
années, jusqu’à sa mort et même après. Ils nous plongent dans
l’ambiance enfumée des rédactions de Hara-Kiri et Charlie Hebdo
– dont Choron fut le cofondateur –, où les joutes verbales, les provocations et les transgressions vont bon train. Quarante ans plus tard, les rebelles ont rentré leurs griffes. Ils ont gommé le professeur Choron de la photo de famille. Il s’agissait pourtant d’un homme définitivement libre qui bravait les interdits et la morale de notre époque.
DVD Zone 2 • DVD 5 • Pal •
1 h 38 • Format image 1.66 • Écran 4/3
Le professeur Choron, de son vrai nom Georges Bernier, est né le 21 septembre 1929 à Laneuville-aux-Bois en Argonne. En 1948, il s’engage dans l’armée et part en Indochine. À son retour, il entre dans la presse comme colporteur, puis chef des ventes du journal Zéro où il rencontre Fred et François Cavanna.
Septembre 1960 : lancement de Hara-Kiri avec Fred, Cavanna, Reiser et Topor. Wolinski, Gébé et Cabu rejoignent rapidement l’équipe.
1961 : première interdiction de Hara-Kiri qui s’autoproclame « le journal bête et méchant ». Apparition des premiers « Jeux à la con du professeur Choron » dans Hara-Kiri, installé au 4, rue Choron à Paris. Georges Bernier devient le professeur Choron.
1966 : deuxième interdiction de Hara-Kiri.
Février 1969 : lancement de Hara-Kiri Hebdo et de Charlie Mensuel (dont Delfeil de Ton est le rédacteur en chef).
Novembre 1970 : suite à un titre jugé provoquant : Bal tragique à Colombey : un mort, en allusion à la mort du général de Gaulle (et en référence à l’incendie d’une discothèque de Saint-Laurent-du-Pont qui a fait 146 morts), le professeur Choron décide, avec son équipe, de changer le nom de Hara-Kiri Hebdo en Charlie Hebdo, pour contourner
l’interdiction de paraître de l’hebdomadaire.
En tant que directeur de publication, le professeur Choron édite aussi Mords-y l’oeil et La Gueule ouverte (le journal qui annonce la fin du monde), premier journal écologiste radical dirigé par Pierre Fournier.
Dans les années 1970, Siné, Willem, Dimitri, Manchette, Berroyer, Sylvie Caster, Isabelle Cabut, Arthur (l’autre, pas l’animateur de télé), Nicoulaud, Soulas, Carali, Gourio collaborent avec Choron, Cavanna et toute la bande.
1974 : mort de Pompidou. Charlie Hebdo vend à 150 000 exemplaires.
1981 : arrivée de Mitterrand au pouvoir. Les ventes tombent à 30 000 exemplaires. Charlie Hebdo fait faillite. Gestionnaire contesté, le professeur Choron sera désigné comme « responsable » de l’arrêt de l’hebdomadaire par une partie de la rédaction. Hara-Kiri continue de paraître jusqu’en 1989.
Entre-temps, le professeur Choron s’est lancé dans la chanson avec une vingtaine de titres tels que « La Testiculance », « Le Tango des affamés », « Caca chocolat », « Les Pages rouges du Bottin » (musique : Manu Chao). Le groupe Odeurs l’invite à assurer sa première partie à l’Olympia.
1992 : sous l’impulsion du chansonnier Philippe Val, Charlie Hebdo ressort en kiosques. Le professeur Choron tente de faire interdire le titre, sans succès.
1991 : Après avoir édité Grodada, un journal pour enfants, son dernier titre de presse sera La Mouise, vendu par des colporteurs, dans lequel on retrouve les signatures de Vuillemin, Lefred Thouron, Charlie Schlingo, Placid ainsi que les pâtes à modeler d’Otho Puol.
Le professeur Choron meurt le 10 janvier 2005 à l’hôpital Necker. Il est enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse avec sa femme Odile Vaudelle (1934–1985).
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