Affichage des articles dont le libellé est Observatoire des sondages. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Observatoire des sondages. Afficher tous les articles

mardi 25 octobre 2011

Critique des sondages. Colloque Le Monde diplomatique – Observatoire des sondage, 5 novembre 2011

Samedi 5 novembre 2011 de 9 à 17 heures

Assemblée nationale
126, rue de l'Université - Paris 7e
Il existe un courant critique des sondages qui, depuis longtemps, avec Herbert Blumer en 1948 (« Public opinion and public opinion polling »), Pierre Bourdieu en 1972 (« L’opinion publique n’existe pas »), apporte une contribution substantielle à la compréhension de sondages au-delà des clichés intéressés sur leur caractère naturellement démocratique et scientifique. Au moment où le rôle des sondages avec leur prolifération, leur place croissante dans la politique et leur dégradation qualitative les met sur la sellette, il est important de faire un bilan de cette critique. L’actualité politique aussi y contribue alors qu’une campagne électorale présidentielle a commencé et qu’une proposition de loi parlementaire est discutée.
Or, la critique scientifique monte à l’égard d’une économie des sondages de moins en moins liée à la science et à la démocratie. On saurait d’autant moins négliger cette critique qu’elle perdure, s’approfondit et s’assure de la pérennité par la relève générationnelle. Pourtant, ses penseurs sont généralement contraints de « débattre » avec des sondeurs pour paraître dans les médias, leur servir de caution et être choisis. Demande-t-on à des spécialistes des classes moyennes de n’apparaître qu’en compagnie de petits commerçants et autres membres des classes moyennes ? Il est temps que les débats scientifiques reprennent leur autonomie tout en ayant accès aux lieux de débats publics sans conditions préalables.
Dans ces circonstances, l’organisation d’une journée de colloque autour de spécialistes de l’opinion, des sondages et des médias peut être un moment important de réflexion. Le colloque se déroulera le 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale, une manière de marquer l’utilité de la critique. Organisée dans les grandes villes universitaires de France à l’initiative des Amis du Monde diplomatique, une série de conférences-débat suivra le colloque.
Alain Garrigou (9 juin 2011)


mercredi 14 septembre 2011

audio/video: Alain Garrigou et Richard Brousse, Manuel anti-sondages. La démocratie n'est pas à vendre !

écouter: Alain Garrigou et Richard Brousse, Manuel anti-sondages. La démocratie n'est pas à vendre !
Les Retours du dimanche par Agnès Chauveau, Nicolas Truong, 18.03.2012




Alain Garrigou
Richard Brousse
Manuel anti-sondages
La démocratie n'est pas à vendre !
éditions la ville brûle
2011


Présentation de l'éditeur
Les sondeurs - et d'autres avec eux : médias, hommes politiques... - ont réussi à faire de l'étude de l'opinion publique un instrument antidémocratique. Comment se défendre de l'emprise croissante de ce type d'information chiffrée, qui le plus souvent ne vaut pas grand-chose mais participe à la mise en condition des citoyens et donc à la perversion de la démocratie ? Alors que l'élection présidentielle de 2012 approche, et que les sondages se multiplient, leur critique est plus nécessaire que jamais, et doit porter aussi bien sur les techniques des sondages que sur leurs usages commerciaux, politiques et médiatiques. Ce manuel anti-sondages est un instrument critique qui procède avec simplicité, en s'attachant aux problèmes élémentaires. Il propose une analyse, un glossaire, des exemples... autant d'arguments indispensables pour réfuter les poncifs des opiniomanes, sondeurs et commentateurs politiques qui ne savent plus penser qu'à coups de sondes.
Les auteurs Alain Garrigou, professeur en sciences politiques à l'université Paris X-Nanterre, est un spécialiste reconnu du vote et des sondages. Il a créé l'Observatoire des sondages. Richard Brousse est sociologue. Il est le webmestre de l'Observatoire des sondages.

mercredi 6 janvier 2010

Ressource: Observatoire des sondages


Observatoire des sondages



Pourquoi ?

Les sondages sont censés exprimer l’opinion publique. Quand celle-ci est sinon souveraine du moins obsessionnellement invoquée, il faut bien s’interroger sur la nécessité d’un contrôle. La croyance optimiste en un progrès indéfini est paresseuse. Elle est pourtant à l’œuvre dans la célébration d’une sorte de démocratie immédiate voire directe qui s’exercerait grâce aux sondages. S’il est quelques raisons de ne pas exclure par principe des progrès techniques, il en est d’autres qui mettent sérieusement en doute une augmentation de leur fiabilité. Leur place croissante dans les luttes politiques favorise par ailleurs des usages manipulatoires contre lesquels il serait très optimiste d’imaginer que la clairvoyance du public est un solide antidote.

La question du contrôle des sondages a d’abord été posée comme un risque policier qui a amené les pionniers à récuser toute idée de contrôle officiel. Dans leur répugnance, le souci d’indépendance se mêlait à un intérêt économique bien compris. Quand des instances de contrôle légal ont été instituées comme en France avec la Commission des sondages, leur rôle a été soigneusement limité et de toute façon contesté dès qu’il s’exerçait réellement.

La confiance dans les mécanismes d’autocontrôle par le marché dont les sondeurs se réclament toujours est-elle suffisante ?

Le débat dépasse largement les seuls sondages. Il faut un mélange paradoxal et banal de naïveté et d’intéressement pour soutenir que les sondeurs sont contraints – sans parler même des trucages – à bien faire leur travail pour ne pas perdre la confiance de leurs clients. Comme en d’autres domaines, la croissance du secteur d’activités est un facteur de baisse de la qualité.

Par ailleurs, au-delà du contrôle strictement technique, l’autocontrôle et le contrôle réciproque n’examinent guère les usages des sondages.

L’invocation d’une sorte de sagesse ordinaire ou de compétence spontanée des citoyens est commode mais démentie à la fois par l’ignorance commune sur la technique et la propension très compréhensible à apprécier la valeur des sondages au regard de ses désirs : mauvais s’ils contrarient, bons s’ils satisfont. Le piège le plus efficace des sondages est bien de les prendre au sérieux en fonction de leur utilité tactique ou psychologique et non de leur fiabilité.

Un contrôle scientifique irrégulier a parfois alimenté la polémique. Il est cependant trop peu soutenu pour limiter les dérives productivistes et manipulatoires des sondages. Les scientifiques ont le devoir d’exercer une vigilance épistémologique et critique à la fois sur les sondages et sur leurs usages. Ils sont aussi concernés parce que les sondeurs invoquent une autorité scientifique qui met en jeu leur propre crédit. Ils ne sont ni les praticiens ni les bénéficiaires de cette activité économique et politique mais ils en subissent aussi les effets.

L’Observatoire des sondages exerce une veille scientifique sur les différentes facettes des sondages, non seulement les aspects méthodologiques des enquêtes et des statistiques mais aussi sur leur publication, leurs usages confidentiels et les commentaires politologiques ou journalistiques qui en sont faits quotidiennement.



Qui sommes nous ?

Rédaction : Alain Garrigou, Richard Brousse.

Comité scientifique de l’Observatoire des sondages

* Patrick Champagne, Chargé de recherches au Centre de sociologie européenne (CNRS/EHESS).

* Alain Garrigou, professeur de science politique, Université de Paris Ouest-Nanterre.

* Daniel Gaxie, professeur de science politique, Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).

* Bernard Lacroix, professeur de science politique, Université de Paris Ouest-Nanterre.

* Patrick Lehingue, professeur de science politique, Université de Picardie Jules Verne.

Webmestre : Richard Brousse
http://observatoire-des-sondages.org