Samedi 5 novembre 2011 de 9 à 17 heures
Assemblée nationale
126, rue de l'Université - Paris 7e
Il existe un courant critique des
sondages qui, depuis longtemps, avec Herbert Blumer en 1948 (« Public
opinion and public opinion polling »), Pierre Bourdieu en 1972
(« L’opinion publique n’existe pas »), apporte une contribution
substantielle à la compréhension de sondages au-delà des clichés
intéressés sur leur caractère naturellement démocratique et
scientifique. Au moment où le rôle des sondages avec leur
prolifération, leur place croissante dans la politique et leur
dégradation qualitative les met sur la sellette, il est important de
faire un bilan de cette critique. L’actualité politique aussi y
contribue alors qu’une campagne électorale présidentielle a commencé et
qu’une proposition de loi parlementaire est discutée.
Or, la critique scientifique monte à l’égard d’une
économie des sondages de moins en moins liée à la science et à la
démocratie. On saurait d’autant moins négliger cette critique qu’elle
perdure, s’approfondit et s’assure de la pérennité par la relève
générationnelle. Pourtant, ses penseurs sont généralement contraints de
« débattre » avec des sondeurs pour paraître dans les médias, leur
servir de caution et être choisis. Demande-t-on à des spécialistes des
classes moyennes de n’apparaître qu’en compagnie de petits commerçants
et autres membres des classes moyennes ? Il est temps que les débats
scientifiques reprennent leur autonomie tout en ayant accès aux lieux
de débats publics sans conditions préalables.
Dans ces circonstances, l’organisation d’une journée de
colloque autour de spécialistes de l’opinion, des sondages et des
médias peut être un moment important de réflexion. Le colloque se
déroulera le 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale, une manière de
marquer l’utilité de la critique. Organisée dans les grandes villes
universitaires de France à l’initiative des
Amis du Monde diplomatique, une série de conférences-débat suivra le colloque.
Alain Garrigou (9 juin 2011)